Le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a fait part, vendredi, de son inquiétude devant le rapatriement «forcé» au Mozambique de personnes qui s’étaient réfugiées en Tanzanie voisine pour échapper aux violences dans la province de Cabo Delgado. L’Agence de l’ONU pour les réfugiés, la capitale politique Dodoma a fait état de plus de 9.000 réfugiés mozambicains, refoulés. Selon les autorités frontalières mozambicaines, «plus de 9.600 de réfugiés ont été renvoyés de force par le poste frontière de Negomano depuis janvier de cette année», a déclaré lors d’un point de presse à Genève, le porte-parole du HCR, Babar Baloch. Parmi eux, quelque 900 personnes ont été refoulées entre le 7 et le 9 juin au Mozambique. Les équipes du HCR ont aidé les personnes arrivant dans «des conditions désespérées», dont beaucoup ont été séparées des membres de leur famille. Ces réfugiés faisaient partie des populations, qui ont tenté de traverser la rivière qui marque la frontière avec la Tanzanie pour demander une protection internationale. A leur retour au nord du Mozambique, les personnes refoulées de Tanzanie se retrouvent dans une «situation désespérée» à la frontière, a ajouté le porte-parole du HCR, relevant le besoin urgent d’articles de secours d’urgence, y compris de nourriture. Face à cette dernière vague de refoulement, l’Agence onusienne réitère son appel pour que les personnes fuyant le conflit mozambicain aient accès au territoire et à l’asile. Il s’agit ainsi de respecter le principe de non-refoulement (pas de retour forcé). «Les réfugiés ne doivent pas être contraints de retourner dans le danger», a insisté M. Baloch. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés reste «gravement préoccupée» par la sécurité des civils dans le nord du Mozambique, alors que le conflit armé et l’insécurité dans la ville côtière de Palma continuent de déplacer des milliers de personnes, deux mois et demi après une attaque brutale menée par des groupes armés non étatiques. Des personnes ayant fui la province de Cabo Delgado au Mozambique ont été forcées de retourner après être entrées en Tanzanie, selon le HCR. L’« insécurité» permanente a ainsi contraint des milliers de familles à se réfugier dans le sud des provinces de Cabo Delgado et de Nampula. Les districts de Nangade, Mueda, Montepuez, Ancuabe, Metuge, Balama, Namuno, Chiure, Mecufi, Ibo et Pemba continuent d’enregistrer de nouveaux arrivants chaque jour. Selon la même source, quelque 70.000 personnes ont fui Palma depuis le 24 mars. Ce qui porte le nombre total de personnes déplacées dans la province de Cabo Delgado à près de 800.000, selon les estimations humanitaires. Dans le même temps, des milliers d’autres personnes seraient bloquées dans des zones très peu sûres autour de Palma, avec un accès humanitaire limité. n