Plusieurs pays ont exprimé leur indignation leur rejet de l’accord de «normalisation» entre les Emirats arabes unis et Israël, conclu sous l’égide des Etats-Unis, qualifié par l’Autorité palestinienne de «trahison» de la cause palestinienne.

«Les dirigeants palestiniens rejettent ce que les Emirats arabes unis ont fait. Il s’agit d’une trahison d’El-Qods et de la cause palestinienne», a indiqué dans un communiqué la direction palestinienne, appelant à une «réunion d’urgence» de la Ligue arabe pour dénoncer le projet soutenu par les Etats-Unis. L’Autorité palestinienne a rappelé aussi son ambassadeur à Abou Dhabi.
«Cet accord est rejeté et condamné. Il ne sert pas la cause palestinienne mais est considéré comme une continuation du déni des droits du peuple palestinien», a déclaré pour sa part Hazem Qassem, le porte-parole du mouvement palestinien Hamas, ajoutant qu’il s’agit d’un «chèque en blanc» pour la poursuite de l’occupation israélienne. «Cet accord, annoncé jeudi, est une «stupidité stratégique» d’Abou Dhabi et d’Israël qui «renforcera sans aucun doute l’axe de résistance», a déclaré par ailleurs le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Pour Iran, «l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et les alliés des Etats-Unis dans le Golfe est un objectif clé de la stratégie régionale du président américain Donald Trump pour contenir l’influence grandissante de l’Iran». Pour sa part, la Turquie a dénoncé cet accord en affirmant qu’il ne s’agit que d’une «hypocrisie qui ne servira que les intérêts des Emirats arabes».
«Les Emirats arabes unis s’efforcent de présenter cela comme une sorte de sacrifice pour la Palestine, alors qu’ils trahissent la cause palestinienne pour servir leurs petits intérêts», a réagi le ministère turc des Affaires étrangères, ajoutant que «l’Histoire et la conscience des peuples de la région n’oublieront pas cette hypocrisie et ne la pardonneront jamais». Le président turc, Rajeb Tayeb Erdogan, a indiqué vendredi avoir «instruit le ministre des Affaire étrangères quant à la suspension de toute relation avec les Emirats arabes unis».
Au Bahreïn, «le royaume salue les efforts diplomatiques déployés par les Emirats arabes unis. Cette étape historique contribuera au renforcement de la stabilité et de la paix dans la région», a rapporté l’agence de presse officielle, Bahrain News. En Egypte, le président Sissi a déclaré dans un tweet «apprécier les efforts des artisans de cet accord pour la prospérité et la stabilité de notre région. Il a salué «une étape» vers la «réalisation de la paix au Moyen-Orient». Pour les Nations unies, cet accord pourrait créer «une occasion pour les dirigeants israéliens et palestiniens de reprendre des négociations substantielles, débouchant sur une solution à deux Etats conformément aux résolutions onusiennes en la matière», a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Les pays occidentaux voient dans le rapprochement entre Israël et les Emirats tantôt une «chance» tantôt une «solution» et un «nouvel état d’esprit» pour la paix dans la région.