Le président des Etats-Unis, Joe Biden, se rendra mercredi prochain au Moyen-Orient pour une visite qui le conduira en Israël, en Cisjordanie où il rencontrera à Ramallah le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, puis en Arabie Saoudite où il discutera avec les dirigeants de la monarchie de plusieurs dossiers importants dont celui du Yémen et de
l’Iran notamment. C’est la première fois depuis sa prise de fonction que le chef de la Maison Blanche se rend dans la région dans un contexte international et régional tendu et avec des perspectives fl oues, l’accord de paix israélo-palestinien étant devenu une illusion et les chances pour le gouvernement du Premier ministre Yaïr Lapid ayant peu de chances de survivre aux prochaines législatives israéliennes en octobre prochain, pour espérer un accord sécuritaire viable entre l’Arabie Saoudite, les monarchies du Golfe qui lui sont liées et Israël contre la République islamique d’Iran, l’adversaire commun. On retiendra cependant que l’enjeu principal de la visite de M. Biden est de tout faire pour concrétiser cet accord sécuritaire mais également économique contre l’Iran entre Ryad, les monarchies du Conseil de coopération du Golfe et Israël. Israël tente d’empêcher les puissances occidentales, dont les Etats-Unis, de remettre sur les rails l’accord de 2015 (JCPOA) encadrant le programme nucléaire iranien dont Washington s’était désengagé en 2018 sous Donald Trump. Un tel accord prévoit une levée de sanctions économiques contre l’Iran, ce qui aurait pour eff et de lui donner un nouveau souffl e économique que l’Etat hébreu veut couper au motif que la République islamique ne doit pas avoir de ressources lui permettant d’augmenter son aide à ses alliés régionaux dont le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien «Joe Biden, l’un des plus grands amis d’Israël dans la classe politique américaine, va atterrir ici mercredi (…) et les discussions se concentreront surtout et avant tout sur l’Iran», a déclaré hier le Premier ministre israélien Yaïr Lapid à l’ouverture de la rencontre hebdomadaire du cabinet des ministres. «Il a été révélé que l’Iran a enrichi de l’uranium dans des centrifugeuses de pointe en violation complète de ses engagements. La réponse de la communauté internationale doit être claire: retourner au Conseil de sécurité et mettre en oeuvre des sanctions maximales», at-il ajouté. Israël, dont l’Iran est l’ennemi N.1, se garde «une liberté totale d’action, d’un point de vue diplomatique et opérationnel, dans son combat contre le programme nucléaire iranien», a ajouté M. Lapid, dont le pays a été accusé par Téhéran d’avoir assassiné des personnalités liées à son programme nucléaire. «Nos services de sécurité savent comment cibler qui que ce soit, ou que ce soit, et nous le ferons. Et nous discuterons avec le président et son équipe des moyens d’accroître notre coopération sécuritaire contre toutes les menaces», a ajouté M. Lapid. L’Iran a fait état ce week-end de nouvelles avancées techniques concernant l’enrichissement d’uranium, poursuivant le développement de son programme nucléaire en plein blocage des pourparlers pour relancer l’accord de 2015. Selon un rapport de l’Agence
internationale de l’énergie atomique (AIEA) aux Etats membres, la République islamique a commencé à «alimenter la cascade de centrifugeuses» avancées à l’usine de Fordo, qui avait été récemment modifi ée en vue d’une plus grande effi cacité.