Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affiché hier dimanche la ligne dure de son pays vis-à-vis de l’Iran, au terme d’entretiens avec les dirigeants saoudiens. «L’Iran déstabilise l’ensemble de la région» et, «contrairement à l’administration précédente, nous ne négligerons pas la vaste étendue du terrorisme iranien», a déclaré à la presse M. Pompeo avant de quitter Ryad.

Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, qui s’est rendu hier en Israël avant la Jordanie, est en tournée pour informer des projets du président Donald Trump concernant l’accord sur le nucléaire iranien. Hostile à l’accord signé en juillet 2015, M. Trump doit annoncer le 12 mai s’il «déchire» ce texte âprement négocié entre l’Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comme il l’a maintes fois promis. M. Pompeo assure que le président américain n’a pas encore pris sa décision, mais tout indique qu’il s’achemine vers une remise en cause de l’accord et vers un surcroît de pression sur Téhéran, une politique qui contraste fortement avec ce qui semble se dérouler dans la péninsule coréenne où les déclarations des responsables américains sur la Corée du Nord se font de plus en plus apaisantes.
A Ryad, Mike Pompeo a dévoilé une entente guerrière américano-saoudienne contre l’Iran. Il a assuré que Washington allait «continuer à travailler» avec ses «alliés européens» pour corriger l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. «Mais si un (nouvel) accord ne peut pas être trouvé, le président (Trump) a dit qu’il (le) quitterait», a-t-il rappelé.
Son homologue saoudien Adel al-Jubeir s’est, lui, prononcé sans nuance pour un durcissement de l’accord, notamment sur l’enrichissement de l’uranium et les inspections, et souhaité de nouvelles sanctions contre Téhéran pour son programme de missiles balistiques et son «ingérence dans les affaires des pays de la région». «L’Arabie saoudite soutient les efforts visant à améliorer l’accord sur le nucléaire iranien et nous pensons que l’interdiction de l’enrichissement de l’uranium doit être illimitée», a-t-il déclaré lors d’un point de presse au terme de la visite de son homologue américain.
«Nous pensons également qu’il faut intensifier les inspections», a-t-il ajouté. M. Jubeir a également recommandé davantage de sanctions contre l’Iran pour «ses violations des décisions internationales sur les missiles balistiques, son soutien au terrorisme et ses ingérences dans les affaires des pays de la région». L’Arabie saoudite est un farouche adversaire de l’Iran, son grand ennemi dans la région. Ryad a ainsi engagé en 2015 une intervention au Yémen, à la tête d’une coalition arabe, contre les rebelles Houthis qui a fait près de 10.000 morts et provoqué «la pire crise humanitaire du monde», selon l’ONU. Ce conflit a pris progressivement une tournure de «guerre par procuration» entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite.
Samedi dernier, les autorités saoudiennes ont affirmé avoir intercepté un nouveau tir de missile des Houthis. La veille, la coalition dirigée par Ryad avait mené un raid sur la capitale yéménite Sanaa, tuant des dizaines de rebelles dont deux commandants, selon la télévision d’Etat saoudienne Al-Ekhbariya. Concernant cette intervention au Yémen, Mike Pompeo a réaffirmé hier dimanche le plein soutien de Washington à son allié saoudien. L’Iran «est un fournisseur d’armes aux rebelles Houthis au Yémen», a clamé M. Pompeo, accusant par ailleurs la République islamique de soutenir en Syrie «le régime meurtrier de Bachar al -Assad». A suivre. n