On se souvient encore que certains ministres choisis par l’ex-chef du Gouvernement, Abdelmadjid Tebboune, pour gérer des départements très en vue à cette période, s’étaient empressés d’opérer, quelques jours seulement après leur intronisation, des changements massifs au niveau de leurs structures dirigeantes respectives.

L’opération la plus manifeste dans ce type de manœuvre est sans doute à mettre à l’actif de Mahdjoub Bedda, alors ministre de l’Industrie et des Mines avide d’initiatives qui pouvaient lui permettre d’illustrer sa volonté de rompre avec son prédécesseur au département, en l’occurrence le très controversé Abdeslam Bouchouareb, et, partant, s’inscrire en harmonie avec la manière d’agir de son Premier ministre qui, lui, voulait effacer l’ère Abdelmalek Sellal. Pour ce faire, M. Bedda ne s’était pas privé de procéder à une véritable purge dans son département afin de s’entourer de profils qui répondaient le mieux à sa stratégie. Une entreprise qui n’a toutefois pas pu être menée jusqu’au bout, au vu de la période très courte passée par ce dernier aux commandes de ce ministère clé dans le plan de sortie de crise mis en place par l’Etat. A son arrivée, ou son retour, à la tête de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia, s’était voulu rassurant à l’adresse des hauts responsables au niveau de nombreux départements ministériels qui étaient sur le qui-vive, parce que se sentant, à leur tour, menacés par une action pareille à celle effectuée par le ministre de l’Industrie et des Mines sous l’ère Tebboune. A voir comment les événements se sont déroulés depuis son rappel à la tête du gouvernement, on a cette impression qu’Ahmed Ouyahia et une partie de son staff ont refusé de faire jouer la carte de l’urgence pour éviter le risque de la précipitation. Ils ont, dans cette logique, préféré laisser le temps au temps et voir les choses évoluer avant de décider quand il faut changer et où il faudra changer. En témoignent les multiples mouvements opérés cette semaine au niveau de plusieurs départements.