Désormais, les associations, les organisations et les acteurs de la société civile en Algérie ont leur propre forum : le Forum social algérien (FSA). Sa naissance vient d’être rendue publique et officielle dans une déclaration signée par plus d’une vingtaine d’entités membres.

Réunis le 13 janvier dernier à Oran, après une série d’autres rencontres qui se poursuivaient depuis septembre 2016, des membres d’associations, de syndicats, de ligues des droits humains et autres dynamiques citoyennes, qui se définissent comme étant « libres et autonomes, sensibles à la citoyenneté, la démocratie, les libertés et aux missions d’intérêt général et collectif de la société civile et des mouvements sociaux en Algérie », ont adopté la charte de principes du FSA. Ce dernier se dit être « un espace de solidarité active, de réflexions, d’échanges et de partage d’expériences ». Aux dynamiques sociales qui partagent les mêmes valeurs, le FSA lance un appel à l’adhésion « afin, explique-t-on dans une déclaration, de renforcer et de rendre possible, car nécessaire, le changement démocratique et social ».
C’est la première fois qu’une telle initiative se concrétise en Algérie. Souvent, les associations et autres acteurs naviguent à vue chacun de son côté. Les rares espaces et occasions de rencontre se trouvent parfois même à l’étranger.
Chose que le nouveau-né reconnaît implicitement dans sa charte puisque « le défi consiste à rassembler des acteurs du mouvement associatif et des dynamiques autonomes de la société civile en allant au-delà des clivages pour leur permettre d’échanger, de diffuser leurs messages et leurs actions en réseaux et d’alimenter une dynamique positive de changement ».
Dans la liste des premiers signataires au nombre de 23 membres, l’on distingue la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ), le Centre des droits de l’Homme, le Café littéraire de la wilaya de Béjaïa, le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), le syndicat CLA, les associations Djazaïrouna et Tharwa N’Fadhma N’Soumer, SOS Disparus et Agora. Comme on trouve aussi des personnes connues du milieu militant, à l’image de Hakim Addad, Hacène Ferhati et Hacène Metref. Dans sa charte de principes, le FSA se définit comme un espace de débats et d’échanges démocratique pour « l’instauration d’un Etat de droit, de démocratie et de justice sociale, le respect des droits humains, de toutes libertés individuelles et collectives, de la diversité et de l’identité algérienne dans sa pluralité et pour l’égalité entre les sexes ».
« La liberté d’expression, le droit des migrants et le respect de l’environnement » font aussi partie intégrante des objectifs du forum qui ne se détache pas de son environnement sur le plan géographique car, il plaide pour  « l’édification d’une Afrique des peuples, dont le Maghreb des peuples fait intégralement partie ».
Mais, ce n’est pas pour autant que toutes les organisations ou associations qui y adhèrent perdent leur identité une fois à l’intérieur. Bien au contraire, la charte du Forum explique clairement que « chaque dynamique sociale, membre du FSA, garde son autonomie et son indépendance ». Ajouté cela, le FSA qui a adopté le principe de l’horizontalité, puisque ses membres « ne mandatent aucune partie, ni individuelle ni collective, qui puisse être ou se prétendre porte-parole du FSA ».
« Cela ne correspond nullement à la nature de notre forum », ajoute-t-on dans la déclaration de constitution. Prochainement, le FSA compte installer un comité de coordination qui sera chargé du suivi des activités. D’autres rencontres auront lieu, précise-t-il enfin, pour arrêter le plan d’action d’initiatives régionales, nationales et internationales.