Le dossier des anciens militaires revient, ces derniers jours, sur le devant la scène politique nationale. Après l’action de protestation menée, le 16 mars dernier, à Alger par la Coordination nationale des militaires à la retraite, des blessés et des ayants-droit, le président de la République a mis, lors du dernier Conseil des ministres, en avant l’importance de la révision du code de pensions militaires. Une révision qui permettra de prendre en charge les revendications des anciens militaires.
Il a également renouvelé son engagement à prendre en charge toutes les préoccupations exprimées en ce sens, en consécration des valeurs de reconnaissance des sacrifices consentis par les membres de l’Armée nationale populaire (ANP), tous corps et catégories confondus.
En réaction au communiqué du Conseil des ministres, qui vise à calmer la colère des anciens militaires, le président de la Coordination nationale des militaires à la retraite, des blessés et ayants-droit, Merouane Bessafa, a qualifié, dans une vidéo postée dimanche soir sur les réseaux sociaux, l’annonce de la Présidence de «fuite en avant» et de «poudre aux yeux». Il estime que le communiqué du Conseil des ministres ne répond pas aux aspirations des anciens militaires.

«Ce qui a été annoncé représente 0,5% de nos revendications», a-t-il commenté. Il ajoute : «Nous attendons des réponses claires sur toutes nos revendications, sans exception. Ils connaissent très bien notre plateforme de revendication d’autres points autres que l’invalide.» D’après lui, son organisation est habituée à ce genre d’annonces.
Le ministère de la Défense nationale et la Présidence de la République devaient donner des réponses détaillées pour chaque revendication, en évitant les annonces ambiguës, affirme Bessafa. Il rappelle, au passage, que la Présidence de la République s’est engagée, lors d’une rencontre officielle tenue en janvier 2020, de prendre en charge, sans délai, toutes les revendications des anciens militaires. Des engagements qui ont suscité de l’espoir et amené sa coordination à arrêter la protestation, rappelle-t-il. Il enchaîne : «Hélas, plus d’une année après cette rencontre, les choses avancent timidement. La répression du sit-in du 16 mars témoigne de la mauvaise foi de certains envers notre catégorie qui compte un million d’individus».
Notons que la Coordination nationale des militaires à la retraite, des blessés et ayants-droit milite, depuis 2017, pour la satisfaction de sa plateforme de revendications qui compte une trentaine de points. Il s’agit essentiellement d’une hausse conséquente des pensions de retraite des anciens militaires et les ayants-droit, de la prise en charge médicale de qualité des militaires blessés, de réservation des quotas de logements sociaux pour cette catégorie, de l’octroi de licences taxi pour tous les anciens militaires et ayants-droit et autres. Pour la question d’accès au logement, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales avait instruit les walis d’ouvrir des discussions avec les représentants de la coordination afin de trouver un terrain d’entente. En effet, des anciens militaires ont pu avoir des logements sociaux dans plusieurs wilayas.
A souligner que, selon un communiqué du MDN, le nombre de dossiers reçus de demande de régularisation est de 288 079 et sont répartis comme suit : 37 181 dossiers des militaires radiés des rangs pour inaptitude physique non imputable au service, dont 8 975 acceptés jusqu’à présent, 171 059 dossiers des militaires retraités ne percevant pas de pension d’invalidité, dont 5 684 acceptés jusqu’à présent, 80 739 dossiers des militaires radiés pour fin de contrat ou par mesure disciplinaire, dont 1 200 acceptés jusqu’à présent», selon la même source. «Ainsi, le nombre de dossiers régularisés depuis janvier 2021 jusqu’à aujourd’hui a atteint 15 859 dossiers, et l’opération est toujours en cours», a indiqué le communiqué.R. N.