La mobilisation ne faiblit pas à Boumerdès. Au contraire, elle s’amplifie puisque des milliers de citoyens sont encore sortis dans la rue pour exiger le départ du système politique en place et de tous ses symboles. Au 13e vendredi de révolte citoyenne contre le régime, les villes de Boumerdès, Bordj Menaïel et Dellys ont connu des marches imposantes où des milliers de citoyens ont exprimé leur détermination à poursuivre la protestation jusqu’au départ radical du système politique et de ses hommes. A Boumerdès, la procession s’est ébranlée du siège de la daïra pour sillonner les principales artères de la ville en scandant des slogans hostiles au pouvoir. «Non aux élections du 4 juillet», «Oui pour une véritable démocratie», «Le pouvoir au peuple», entre autres des slogans qu’on pouvait lire sur les banderoles portées par les manifestants qui sont déterminés à poursuivre le combat pacifique jusqu’au démantèlement du système et l’instauration d’une république démocratique. «Pouvoir dégage», «Non au plan du pouvoir sans le peuple», «Le Hirak continue», «Algérie libre et démocratique», «Bensalah, Bédoui, Gaïd Salah ! Dégagez tous!», «L’Algérie est une république et non une caserne», «Justice de transition indépendante et non à une justice sélective», «Pas d’élections avec la bande». A Bordj Menaïel, une marche imposante a été organisée au niveau de la principale artère de la ville où les nombreux citoyens revendiquent l’instauration d’un Etat de droit, le départ du système politique et de ses symboles en appelant à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution permettant au peuple d’exercer le pouvoir. A Dellys, de nombreux citoyens scandaient des slogans hostiles au pouvoir pour exiger le départ du système politique en place. Prenant la parole, Karim Tabou a insisté sur la poursuite de la mobilisation citoyenne pour faire partir le système qui est l’origine de la crise multidimensionnelle que vit le pays. Il n’est pas allé par quatre chemins pour porter la responsabilité du système sur la liquidation des grands dirigeants de la Révolution de Novembre pour prendre par la suite en otage tout le pays et son peuple. Tout en soutenant une transition démocratique menée par le peuple, Karim Tabou a invité l’armée à ne pas s’impliquer dans la politique. Il a fait le parallèle entre les jeunes héros d’hier, qui ont libéré le pays et ceux d’aujourd’hui qui sont au pouvoir, dont l’âge dépasse les 80 ans. «Il est temps qu’ils cèdent le pouvoir au peuple et à la jeunesse pour opérer le changement vers une véritable démocratie», lancera-t-il, en dénonçant les magouilles pour sauver ce qui reste du système. «Si le régime maintient les élections le 4 juillet, nous déclencherons une grève générale le même jour», tonnera-t-il sous les applaudissements des manifestants, déterminés plus que jamais à poursuivre la mobilisation jusqu’au départ de tout le système et de ses symboles. Comme les marches précédentes, celles de ce vendredi se sont déroulées dans un climat pacifique.
K. K.