Le mouvement des étudiants pour le changement a abordé, hier, son 42e mardi de mobilisation qui a confirmé l’endurance de la communauté universitaire.
Cette mobilisation a, en effet, surmonté plus d’un obstacle depuis la première marche qui remonte au 26 février passé, soutient Zoubir Arous, enseignant à l’université d’Alger et observateur de la vie universitaire.
Il cite à ce propos les différentes phases traversées depuis le déclenchement du mouvement populaire et qui a vu la communauté estudiantine investir la voie publique en tenant des marches chaque mardi à travers les universités du pays notamment celles des grandes villes.
Pour lui, cette détermination et cette endurance peuvent être un indicateur d’une université qui se porterait mieux que ce qu’on aurait pu croire il y a quelques années. Car, tient-il à le souligner, il n’y a pas si longtemps, « on n’aurait pas misé sur cet éveil de conscience au sein des étudiants qui viennent de nous livrer un message d’espoir ».
Il a relevé, dans ce sens, « la récurrence du constat selon lequel l’université a été complètement dévitalisée ». Or, ajoutera-t-il, le présent est en train de nous dire autre chose que ce « triste tableau que l’actuel mouvement est en train de démentir ».
Il reste, cependant, explique-t-il, que ce message livré par la nouvelle génération d’étudiants ne peut, en aucun cas, nous éloigner du constat amer décrivant « une université qui souffre de plusieurs maux qu’il va falloir résoudre le plus vite possible avant qu’il ne soit trop tard».
De son côté, le professeur Farid Cherbal, enseignant à l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène (USTHB) et fin observateur de l’université algérienne, « c’est un moment historique pour le mouvement étudiant algérien autonome et démocratique ».
Comment peut-on expliquer cette endurance de la mobilisation du mouvement estudiantin, un fait qui ne s’est jamais produit ? « Nous pouvons expliquer l’endurance de ce mouvement par le fait que c’est la première fois, dans l’histoire des luttes politiques estudiantines dans notre pays, où le mouvement étudiant algérien trouve un puissant relais politique dans la société qui est le mouvement populaire du 22 février 2019 », a expliqué l’universitaire.
Pour ce dernier, le mouvement estudiantin a pu réaliser quatre acquis politiques majeurs. Il a réussi à bâtir un rapport de confiance très fort avec la société, il a fait de la marche du mardi une assemblée générale politique de débat avec les citoyennes et citoyens sur les revendications légitimes du mouvement populaire du 22 février 2019, il a rétabli les solidarités sociales et a remis l’université algérienne au cœur de la cité.
Pour M. Cherbal, il ne fait point de doute que le mouvement étudiant, grâce à sa résilience, son endurance, sa détermination et sa lutte politique, « pour faire aboutir les revendications légitimes du mouvement populaire du 22 février 2019, est en train de devenir le représentant politique de la jeunesse algérienne ». La perspective de l’élection présidentielle prévue demain semble, par ailleurs, avoir galvanisé au cours de la semaine la mobilisation estudiantine, comme l’attestent les actions de grève enregistrées avant-hier dans certaines universités du pays à l’image de l’USTHB, la Faculté centrale (Alger) et aussi dans les universités de Constantine, Béjaïa, Mostaganem, Boumerdès…