Le camp islamiste vient de connaître son premier candidat à la présidentielle. Sans se jeter directement dans la course, Fillali Ghouini, chef du parti El Islah, a annoncé, hier à Alger, que son parti comptera lors de la présidentielle,

soit en présentant son propre candidat, soit en soutenant un autre candidat. Dans une déclaration à la presse à l’issue du séminaire national des présidents de bureau de wilaya du mouvement El-Islah,
M. Ghouini a indiqué que le parti «a décidé, en toute souveraineté et liberté, de participer à la présidentielle d’avril 2019», mettant en avant «l’importance d’aller vers un consensus national politique sous-tendu par une large base populaire». Toutefois, c’est au «conseil de la choura de trancher» et il le fera lors de «la 10e université d’été du parti, prévue en juillet prochain». Quant à la forme de cette participation, elle se fera soit en cautionnant un candidat du mouvement, soit en apportant son soutien à un autre candidat dans le cadre d’un partenariat politique nationale. «Dans ce dernier cas de figure, le mouvement mènera d’intenses efforts de consultation avec le reste de la classe politique et les candidats à cette échéance», précise M. Ghouini. Cette décision de participation s’inscrit en droite ligne des décisions du 3e congrès du parti, tenu en novembre 2016, notamment celle de participer à toutes les échéances électorales, nationales et locales, pour consolider le Mouvement dans son rôle politique et lui permettre de contribuer à toutes les étapes de l’édification nationale et au renforcement des institutions de l’Etat et de la société, a encore affirmé M. Ghouini.
Abordant le volet économique, le président du Mouvement El Islah a réitéré sa proposition au Gouvernement d’adopter une loi de Finances complémentaire pour traiter des dysfonctionnements induits par les lois de Finances 2016-2018, à travers l’imposition de nouvelles taxes aux citoyens, ainsi que des mesures adéquates pour faire face à l’évasion fiscale et au paiement des dettes résultant des crédits.
Evoquant la situation aux plans arabe et africain, notamment les questions palestinienne et sahraouie, M. Ghouini a appelé à «faire de la journée de la Nakda (14 mai) une journée de sursaut et de lutte», d’autant que l’administration américaine procédera à cette date au transfert de son ambassade à El Qods, exhortant la diplomatie algérienne à davantage d’effort contre cette décision américaine «isolée». Enfin, à l’occasion du 45e anniversaire de la création du Front Polisario, le président du Mouvement El Islah a réitéré le soutien, fort et constant, de son parti à la cause sahraouie juste.