Le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, a considéré hier que «le dialogue souverain et responsable est la seule voix de nature à satisfaire les revendications du mouvement populaire».
Le premier responsable du parti islamiste, membre des «Forces du changement» qui ont tenu le 6 juillet la conférence nationale de dialogue, soutient que le dialogue réclamé devait aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle libre et transparente. «Le dialogue doit aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle libre, supervisée dans toutes ses étapes par une autorité nationale des élections et ce, loin de toute relation avec l’administration», a-t-il indiqué, en allusion à la commission de surveillance des élections présentée et exigée comme préalable par de nombreux partis politiques.
«Cela permettra au peuple de se gouverner par lui-même», a-t-il soutenu, plaidant par ailleurs un accompagnement du Hirak par l’institution militaire.
«C’est un accompagnement qui est non seulement le bienvenu mais constitue l’une de nos revendications», a plaidé M. Bengrina.
S’étalant sur la question du dialogue, ce dernier a invité la classe politique à ne pas se focaliser sur les formes dans lesquelles sera mené ledit dialogue, dont les partenaires sont désormais connus depuis jeudi, suite à l’annonce de la composante du panel de personnalités devant prendre langue avec les autorités du pays.
«Confiner ce dialogue, auquel nous n’avons pas cessé d’appeler, dans des détails de forme n’est pas justifié». Critiquant, au passage, la politique de la chaise vide que privilégient certaines parties qui refusent de s’impliquer dans le dialogue. Il est à signaler que le Mouvement El Bina est un parti politique qui a connu récemment une certaine ascension sur la scène nationale après l’élection de l’un de ses cadres, Slimane Chenine, à la tête de la chambre basse du Parlement.
Une ascension qui n’a pas manqué de poser des interrogations sur les raisons ayant permis à une formation, faiblement représentée à l’Assemblée, d’hériter du poste de président avec la curieuse caution du duo de l’alliance présidentielle FLN-RND.
Dans ce sillage, la même formation politique, émanant d’une dissidence du MSP, avait alors proposé Slimane Chenine pour diriger le dialogue national. Une proposition qui n’a pas été retenue dans la mesure où la présidence a validé depuis jeudi la désignation d’un panel conduit par Karim Younès pour mener ce dialogue national.