La mise en exécution de l’opération escargot le 2 septembre prochain, décidée par l’Union nationale des transporteurs de voyageurs, va-t-elle se confirmer ou simplement être annulée ? Selon le président de l’Union nationale des transporteurs Bellal Mohamed, « tout dépendra des résultats obtenus au terme de notre réunion avec le ministre des Transports Lazhar Hani, prévue pour demain (aujourd’hui)» comme nous l’a annoncé le secrétaire général de la Confédération national des transporteurs auprès de la centrale syndicale (UGTA).

Toutefois, le président de l’UNT, joint par téléphone hier, explique à Reporters que «si cette réunion ne se tient pas et que le gouvernement ne réagit pas à nos doléances, le bureau exécutif, dans ce cas de figure, prendra la décision qui s’impose. C’est-à-dire de rendre effective notre menace d’opération escargot sur les axes routiers». Ce dernier nous avouant dans la foulée : «Nous espérons ne pas en arriver là.» Toujours est-il que notre vis-à-vis nous révèle que taxieurs et patrons de société de transport «sont décidés à se faire entendre, c’est-à-dire de passer à l’action car ne pouvant plus continuer dans la situation dans laquelle ils se sont retrouvés, sans revenus depuis cinq mois et, pis encore, honorer des dettes contactées auparavant». Du côté de la Fédération nationale des transports de voyageurs et de marchandise, on approuve l’initiative de l’UNT. Son président Boucheriet Abdelkader, contacté par Reporters hier, nous dira qu’«au sein de notre corporation on s’étonne que le gouvernement ait donné le feu vert pour la reprise d’activité de nombreux secteurs de service et pas celui des transports inter-wilayas. Nous nous interrogeons sur ce retard que nous ne pouvons plus supporter. Se demandant par ailleurs si le déconfinement progressif décidé par le gouvernement «n’est pas sélectif au moment où il est démontré que notre secteur est d’une grande importance dans l’activité socio-économique du pays». Et de lâcher enfin : «Si aucune résolution n’est prise, il sera difficile de contenir la colère des transporteurs décidés plus que jamais à ne pas céder et encore moins de patienter encore plus».
Notons que les revendications des transporteurs portent essentiellement sur des aides pour la couverture partielle des coûts de maintenance et d’assurance des véhicules et bus qui constituent désormais un lourd fardeau qui pèse sur leur marge bénéficiaire, en sus des grosses pertes induites par la suspension de leurs activités pour cause de la crise sanitaire provoquée par la Covid-19. Les transporteurs réclament également le gel temporaire des impôts qu’ils doivent payer, en argumentant qu’ils sont de petites entreprises, sans oublier le remboursement des sommes d’impôts qu’ils ont versées depuis l’entrée en vigueur de l’arrêt des transports, fin mars dernier. Pour étayer leurs revendications, ils rappellent dans leur plateforme la décision du chef de l’Etat de geler le paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à celle du confinement. Les protestataires souhaitent aussi que le président de la République intervienne pour prendre en charge leurs revendications. Comme ils déplorent les conditions imposées par les autorités publiques, dont la limitation du nombre de passagers à 50% de la capacité globale du véhicule, qui ne fait qu’accentuer les pertes après plusieurs mois de chômage.
Retenons que jusqu’ici et malgré l’ultimatum lancé par les transporteurs, la tutelle n’a pas réagi. Et du coup on comprend mal cette façon de procéder par le ministère du Transport. Pour l’heure, les transporteurs restent dans l’expectative. n