Abderrezak Makri a été désigné, hier à Alger, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) lors d’une cérémonie organisée à la faveur de la tenue de la 10e session ordinaire du Conseil consultatif national (Majliss Echoura) du parti, vendredi et samedi, à l’Office du Village des artistes de Zéralda (Alger).

M. Makri succède à Abdelmadjid Menasra, qui occupe désormais le poste de vice-président du parti. Juste après son installation, Abderrezak Makri annonce la tenue du 6e congrès extraordinaire du MSP pour le début du mois de mai 2018. « C’est le 6e congrès du parti qui imprimera notre ligne de conduite», a- t-il lancé, tout en défendant ses thèses « oppositionnistes » et en minimisant le poids des courants de pensée dont on accuse le parti islamiste, à travers le participationniste Abou Djerra Soltani et le « plutôt » modéré Menasra. « Il n’y a pas d’animosité entre les cadres dirigeants du parti mais une diversité de points de vue », fait valoir Makri dans un discours d’investiture.
« Je me porte garant des règles démocratiques de fonctionnement du parti et les prétendants potentiels candidats à la présidence du MSP seront parés de tous les égards. Ils peuvent dès à présent afficher leurs ambitions», a-t-il également dit. Lors d’une conférence de presse, Abderrezak Makri n’a pas manqué d’afficher ses ambitions de fédérer le courant islamiste national sous les bannières du défunt Mahfoud Nahnah. « Nous allons engager au cours des prochaines semaines des consultations avec les partis de la mouvance islamiste », dira-t-il dans cette perspective, en citant le parti Ennahdha d’Abdellah Djabellah et le Mouvement El Bina. En fait, et s’en tenant à sa politique « oppositionniste », Abderrezak Makri se refuse à considérer que la CNLTD-ICSO soit un cadre politique désuet. Plus encore, il soutient que les tentatives de créer un pôle de partis d’opposition n’est pas réduit à exiger une période de transition mais à mener des consultations entre partis et faire acte de «résistance politique» pour que les « règles de la compétition électorale soient loyales». Il refuse par ailleurs de s’exprimer au sujet d’un scénario d’un cinquième mandat du président Bouteflika. Abderrezak Makri se montre par ailleurs très peu prolixe au sujet d’un candidat éventuel du MSP à la présidentielle de 2019.