Synthèse Bouzid Chalabi
Devant un front social en ébullition, le parti politique Mouvement de la société pour la paix (MSP) se dit «inquiet». «C’est pourquoi nous suivons avec beaucoup d’attention les tensions sociales, les grèves et les doléances des personnels de nombreux secteurs, entre autres éducation, poste, commerce et Protection civile», indique le MSP dans un communiqué rendu public hier. Rappelant à cet égard quelques points qu’il qualifie d’importants à signifier à l’opinion publique en général, à savoir que «les grèves, les manifestations et les marches pacifiques font partie des droits légitimes» et les «traiter avec des préjugés conjugués à la répression est inacceptable dans tous les cas, juridiquement et politiquement», s’est indigné le parti. Comme il considère que les tensions sociales actuelles résultent de la baisse du pouvoir d’achat des citoyens provoquée par une inflation galopante, de la rareté de denrées alimentaires de première nécessité, aux problèmes récurrents de liquidité et enfin à la dévaluation de la monnaie nationale.
A propos de la hausse des prix à la consommation, le MSP confie que cela soulève des interrogations légitimes sur les indicateurs réels d’inflation et les mesures correctives prises, ainsi que sur les indicateurs globaux réels de l’économie nationale. Evoquant les affrontements qui ont lieu sur la scène nationale, le MSP juge qu’ils sont causés par un changement politique incomplet alors que le mouvement de protestation populaire exige un changement radical. Pour le parti, les solutions concrètes et réalistes ne seront pas possibles sans le dialogue et la concertation entre toutes les parties concernées. Ajoutant dans ce même cadre que les manifestations actuelles de la population pourraient devenir plus intenses et plus influentes par l’effet de l’effondrement de l’économie rentière, la diminution des réserves de change et la faiblesse du recouvrement fiscal. Concernant le développement économique, le MSP juge que les efforts engagés dans ce sens restent encore insuffisants tout en admettant que la démarche demande du temps. Non sans souligner les obstacles et défis majeurs que rencontrent sur leur chemin toutes les initiatives pour faire tourner l’économie du pays à un rythme supérieur. Toujours à propos de la situation économique et social «précaire» que traverse le pays, le MSP considère que c’est la conséquence directe de l’effondrement économique du pays provoqué par des décennies de corruption, de pillage, de gaspillage et de l’absence de rigueur dans l’applications des textes de loi en rapport avec le développement économique du pays.
Le MSP conclut que faire face à tous les défis nécessite des décisions radicales. Dans cette optique, «il s’agira de cesser immédiatement l’utilisation de la force et les arrestations face à des personnes pacifiques, de libérer les détenus et d’adopter le dialogue comme moyen de résoudre les crises», lit-on. De même, considérer l’action politique comme le début de la résolution des problèmes et la principale solution politique est la légitimité et la crédibilité des institutions représentant le peuple. Et c’est le gouvernement qui exprime la volonté populaire. Il s’agira aussi, selon le MSP, d’envoyer des messages positifs au peuple algérien pour établir la confiance dans les prochaines élections législatives comme étape décisive pour une transition démocratique vraie et complète, et s’abstenir de tout comportement qui complique l’atmosphère électorale de tout parti, connu ou inconnu.
Le communiqué du MSP se termine enfin par des mots de félicitations à l’adresse de la famille des médias à l’occasion de la Journée internationale de la presse.