Au MSP, la préparation de l’élection présidentielle a bel et bien commencé. Abderrezak Mokri, en politicien avisé, ne veut même pas attendre le congrès du parti, prévu les 10, 11 et 12 de mai prochain, pour annoncer sa «feuille de route».

Une belle façon de piéger ses adversaires, au sein du mouvement, bien avant le début des tractations en coulisses, pour l’élection du président du mouvement à l’issue du congrès.

La session extraordinaire du MSP, tenue hier, a été l’occasion pour l’actuel président du mouvement de dévoiler l’intitulé et les grandes lignes de sa feuille de route, basée essentiellement sur l’aspect économique. Selon M. Mokri, elle est le fruit d’un travail d’experts proches du MSP. Elle préconise un «modèle algérien» pour sortir de la crise financière, basé sur le soutien à la croissance et à la production nationale. « La nouvelle feuille de route du parti est porteuse d’idées pour la réalisation du développement national. C’est une la feuille de route de sortie de crise et l’amorce de décollage économique», a-t-il dit à propos.
Mais le leader du MSP demeure fidèle à ses engagements avec les autres formations de l’opposition et recommande une action commune des partis engagés «pour le bien du pays», loin de toute autre considération. «Le MSP tend la main à tous les partis qui placent l’intérêt national loin de toute autre considération en les invitant à se rencontrer pour le bien du pays. Tous les citoyens, les politiciens et les gouvernants doivent conjuguer en commun leurs efforts pour l’unique intérêt de l’Algérie », souligne Abderrezak Mokri.
Le président du MSP estime que l’initiative de Mazafran demeure une option viable, persuadé qu’aucun parti de l’opposition ne pourrait, à lui seul, faire face à la machine électorale du pouvoir. Cependant, cette option a montré toutes ses limites par le passé, dans la mesure où l’opposition souffre d’un mal nommé leadership et que personne, en son sein, n’accepte que l’autre puisse fédérer l’action de l’opposition, et beaucoup, sinon tous, se voient des leaders incontestés et incontestables.
A cela s’ajoutent les divergences d’ordre idéologique qui minent son action et qui font les affaires du pouvoir. Toutefois, le leader du MSP ne s’avoue pas vaincu et persiste à croire qu’il y a de l’espoir pour un consensus minimum entre partis de l’opposition, et relance, ainsi, l’idée d’une candidature commune aux présidentielles de 2019.
D’ailleurs, M. Mokri a réussi à faire passer, au sein de la commission de préparation du congrès, sa feuille de route pour être inscrite à l’ordre du jour du congrès du parti. Pour lui, le futur président du MSP sera élu sur la base d’un programme. En balisant de la sorte le terrain, Abderrezak Mokri espère parvenir le 10 mai prochain, lors du congrès du parti, à désarmer son principal adversaire, Bouguerra Soltani, qui ne désespère pas de revenir à la tête du mouvement et, surtout, le ramener dans le giron du pouvoir.
L’ex-ministre de la Pêche estime que le MSP a trop perdu de terrain depuis sa sortie du gouvernement et son alignement avec l’opposition.