Tout est parti d’une anodine information balancée sur les réseaux sociaux «divulguant» qu’une entreprise nationale activant dans le domaine pétrolier aurait recruté plus de 50 employés en dehors de la circonscription administrative d’El Menéa sur laquelle elle est implantée, et ce, en contradiction avec la règlementation en vigueur.

Ce qui a suffi à mettre le feu aux poudres et lever comme un seul homme des dizaines de chômeurs de la région, qui se sont rendus sur les lieux de cette entreprise, l’ENTP en l’occurrence, pour protester et organiser un sit-in devant l’entrée. L’affaire a pris une autre dimension lorsque les P/APC des deux communes de la circonscription d’El Menéa, en l’occurrence Hassi El Gara et El Menéa, se sont mis de la partie. En solidarité avec leurs administrés, ils se sont, à leur tour, rendus sur les lieux de cette entreprise, à 90 km au sud d’El Menéa, au lieu-dit Chababa. Après voir essayé vainement d’avoir des éclaircissements sur cette affaire de la part des responsables de cette entreprise, ils se sont carrément mis en grève de la faim sur les lieux de l’entreprise qu’ils ont refusé de quitter. Ne se contentant pas de cet acte, ils font une déclaration commune menaçant de démissionner collectivement avec tous les élus des deux communes de la circonscription administrative d’El Menéa. Entre-temps, d’autres chômeurs, quelques dizaines, selon des informations, se sont rendus au siège de la wilaya déléguée et ont bloqué la grille d’entrée en guise de protestation exigeant que le wali délégué s’implique dans l’affaire. Invité, en marge de l’ouverture du 3e Salon national du livre, à se prononcer sur cette affaire, Azzedine Mechri, comme à son habitude, ne s’est pas dérobé et a répondu à la presse par des phrases chocs. «Je demande à nos administrés d’être calmes et de ne pas donner à cette affaire une dimension qu’elle ne mérite pas. Je vous annonce que, pour tirer au clair cette affaire, j’ai décidé de constituer une commission d’enquête menée par l’inspecteur général qui sera assisté par des cadres de la direction de l’emploi, de l’inspection du travail et de la wilaya déléguée d’El Menéa. Nous allons vérifier toutes les informations qui circulent, seulement attention à ne pas tomber dans l’amalgame. Il ne faut pas créer d’ostracisme, nous ne sommes pas contre le recrutement de citoyens d’autres régions du pays, notamment pour des postes à haute technicité ou de maîtrise technologique tels que les ingénieurs et autres. Ce sont des Algériens comme nous et ils ont droit au travail, mais, comme la loi le stipule, la priorité doit être accordée aux citoyens de la région pour les postes dont ils détiennent les compétences. Je ne suis pas d’accord, par exemple, qu’on ramène d’ailleurs un gardien, un agent de sécurité, un chauffeur, un homme de peine ou un agent ou plongeur de cuisine, ce sont des postes qui peuvent être occupés par les enfants de la région. S’il s’avère que des recrutements ont été opérés dans l’opacité, je prendrais mes responsabilités en faisant des rapports succincts aux hautes autorités du pays, notamment au ministre de l’Intérieur, le ministre de l’Energie, le ministre du Travail et le P-DG de Sonatrach à qui appartient cette entreprise». Seulement, prévient-il, «il n’est pas question d’accepter qu’une anarchie ou menace à l’ordre public prenne forme. D’ailleurs, avec la commission sécuritaire, nous avons convenu de prendre toutes les dispositions pour sévir contre toute atteinte à l’ordre public. La région a déjà chèrement payé pour retrouver sa sérénité. Il n’est pas question de permettre à qui que ce soit de s’aventurer dans cette direction. Il y a une autorité qui prend en charge le problème, il faut rester calme et nous laisser travailler.
Je promets que s’il y a effectivement atteinte à la règlementation par cette entreprise, nous ferons le nécessaire pour remédier à l’entorse. Je lance, à travers vous, un appel aux deux maires de Hassi El Gara et d’El Menéa, que je félicite par ailleurs d’avoir pris la défense de leurs administrés, et c’est tout à leur honneur, pour leur dire de revoir leur conduite et de reprendre leur poste au niveau de leurs APC. Nous prenons en charge le problème. Je m’engage ici devant vous, vous, gens de la presse.»