La poursuite des grèves et l’annonce faite par d’autres syndicats de reprendre le chemin de la protestation a fait sortir le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale de sa réserve.

Ainsi, il n’a pas manqué, hier, lors de la clôture de la 7e édition du Salon national de l’emploi (Salem 2018) de menacer, en des termes sibyllins, certains syndicats, auxquels il reproche leurs agissements en dehors des lois qui régissent le secteur. «Le droit à l’activité syndicale est garanti par la loi et ces syndicats ont le droit d’activer, sauf qu’ils doivent, également, répondre à certaines exigences», a-t-il dit, rappelant que tous les syndicats ont été interpellés pour «prouver» leur représentativité. «Ils ont le temps jusqu’à la fin du mois en cours pour répondre aux interpellations du ministère, au-delà de cette date, ils n’auront pas le droit d’activer», a-t-il menacé. «La loi exige la représentation de 20 % du nombre de travailleurs», a-t-il rappelé, ajoutant que «cela donnera une occasion à ces syndicats de faire un travail de proximité avec les travailleurs pour les faire adhérer dans leurs structures».
Concernant le bilan du Salon, à sa clôture, le ministre Zemali a annoncé le placement de quelque 500 000 demandeurs d’emploi, dont 400 000 placements classiques et 100 000 dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP). À ces chiffres, s’ajoute l’objectif de création de 23 000 microentreprises. Le ministre a souligné que ces placements seront la priorité dans tout recrutement classique, notamment dans le secteur économique.
Les placements annoncés par le ministre concerneront, également, plusieurs zones, notamment, le sud du pays, les Hauts-Plateaux et les zones frontalières. «Il est nécessaire de s’orienter vers les zones sahariennes, les Hauts-Plateaux et les zones frontalières, et ce, dans le but de répondre aux besoins des populations locales en matière d’emploi et de lutte contre le chômage», a indiqué le ministre, rappelant le programme d’appui à l’emploi, la lutte contre le chômage et le renforcement de la création de microentreprises dans les localités frontalières du pays. «L’objectif du programme est la promotion de l’emploi et la création de postes durables pour les jeunes et les femmes de ces régions en lien direct avec leurs besoins et leurs potentiels», a encore souligné le ministre. Pour ce faire, M. Zemali a informé que des instructions ont été données pour tous les responsables de son secteur, afin «de coordonner leurs efforts pour la prospection des opportunités de travail dans ces localités selon une approche localisée et concertée avec les autorités locales, notamment dans l’agriculture, les services, le bâtiment, les travaux publics et l’industrie», en plus de la mise en œuvre d’un dispositif d’encouragement à la création d’entreprises pérennes dans ces zones. Il a précisé, en outre, que des mesures de facilitations spécifiques pour les jeunes des zones frontalières, via le programme d’aide à l’insertion professionnelle, sont mises sur pied. Par ailleurs, des conventions ont été signées, hier. L’une a été signée entre le département de Zemali et le ministère de l’Agriculture et porte sur l’encouragement et la facilitation de création de microentreprises dans le domaine agricole et forestier. Une autre a été signée entre l’Anem et Global Group Algérie (GGA) et porte sur le recrutement de 1 000 jeunes, 2 000 à moyen terme et entre 15 000 et 20 000 dans les cinq ans à venir. Une autre convention a été signée entre GGA et l’entreprise coréenne GDH et porte sur l’intégration de 14 microentreprises algériennes spécialisées dans la sous-traitance automobile. Des prix ont été décernés, à l’occasion, au meilleur recruteur. Cette année, c’est l’entreprise publique Cosider qui a raflé la mise. D’autres prix, aux start-up, pour le retour de l’émigration, de l’innovation, de l’export et de la femme entrepreneur, ont été décernés par la délégation ministérielle.