Les prix du pétrole tourneront, en 2019, autour des 65 dollars le baril et pourront même aller jusqu’à 70 dollars, a estimé hier l’expert en énergie, Mourad Preure.
« Les prix du pétrole vont fluctuer autour d’un pivot de 65 dollars le baril en 2019, et très probablement, ils peuvent atteindre une moyenne de 70 dollars le baril», a indiqué M. Preure sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne III.
Les cours devront évoluer dans une tendance qui obéira à des paramètres géostratégiques et des données économiques, a-t-il souligné, considérant que «le marché énergétique demeure instable et incertain », sous le coup de ces paramètres, dont le rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis et les exemptions accordées à 8 pays qui vont prendre fin en mai prochain, la réunion de l’Opep en avril. A cela s’ajoute « la possibilité du retour des réserves américaines du bassin permien sur le marché », note encore l’expert, avant de déduire que le troisième trimestre s’annonce « délicat ». A noter que le marché évolue depuis quelques jours à proximité des prix cités par M. Preure, notamment cette semaine, qui l’a vu monter au-dessus des 66 dollars. Dans cette logique, le marché londonien affichait, hier en mi-journée, un prix de 66,16 dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord, alors que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » s’échangeait à 55,97 dollars.
Abordant le secteur minier, l’invité de la Chaîne III dira qu’il ne profite pas pleinement à l’économie nationale, sachant qu’il n’est exploité qu’à 40% de ses capacités. «Le domaine minier algérien, qui est insuffisamment exploité, recèle de grandes capacités», a-t-il affirmé. Même constat sur les réserves pétrolières de Hassi Messaoud. Récusant les estimations qui laissent croire que ces réserves sont en voie d’épuisement, M. Preure dira qu’à ce jour, seulement 15% en ont été soutirés avec un taux de récupération de 20 à 26%.
Or, « rien qu’en augmentant ces taux de récupération de 3 à 4%, nous obtiendrons des décennies de pétrole», soutient-il, avant de citer les réserves de pétrole et de gaz conventionnel et non conventionnel que recèle le pays. Néanmoins, l’expert n’écarte pas une situation de « précarité énergétique » à laquelle pourrait mener le modèle de consommation local qui est « insoutenable », selon lui. Cette consommation progresse de 8% annuellement, alors que celle des produits pétroliers a triplé depuis 2013, précise-t-il.
Une évolution, notamment en matière de consommation de gaz, qui se réduit systématiquement des volumes d’exportation du pays, d’autant plus que les capacités d’augmenter la production de Sonatrach se trouvent actuellement affectées par le recul des prix du pétrole. En effet, cette chute a, dans ses plus forts moments, fait perdre à la compagnie nationale d’hydrocarbures 70% de ses revenus. Elle est survenue « au mauvais moment, c’est-à-dire à une période où les gisements algériens avaient besoin d’un effort important pour reprendre », relève M. Preure, ajoutant que « le développement de l’amont algérien a été ralenti durant les dix dernières années et nous en subissons les conséquences ». D’où la nécessité d’aller sérieusement vers les énergies renouvelables, soutient l’expert en énergie, rappelant que pour exploiter l’énergie solaire, l’Algérie peut compter sur un capital ensoleillement de 3 650 heures sur 86% du territoire national et d’importantes ressources en silice pour la production des panneaux photovoltaïques et en lithium pour la fabrication des batteries. Dans ce sens, Mourad Preure plaide pour la «construction de partenariats stratégiques avec des leader technologiques».<