Le dernier rapport sur l’évolution économique et monétaire présenté par le gouverneur de la Banque d’Algérie à l’APN a fait dire hier à l’expert financier Mourad El Besseghi que Mohamed Loukal « n’était pas à l’aise pour présenter aux députés une situation bien antérieure à sa nomination ».

Les chiffres qu’il a fournis « sont cependant l’exacte traduction d’une économie algérienne quasi mono-exportatrice et dont les ressources dépendent presque totalement des hydrocarbures». « Si vous ajoutez à cette réalité les fortes fluctuations observées sur les principales monnaies étrangères (euros-dollars) au cours de la période considérée, on réunit, ajouté l’expert, les ingrédients d’une dégradation des principaux indicateurs macroéconomiques » Pour Mourad El Besseghi, il n’y a pas lieu de s’étonner du rapport de la Banque d’Algérie « qui n’est pas responsable des résultats peu reluisants qu’il contient, mais qui en est seulement comptable ». «Le débat, selon l’expert, doit davantage se concentrer sur les raisons de la crise que ces résultats traduisent et sur les causes qui font que la machine économique dans le pays peine à démarrer et produire une alternative à la dépendance aux matières premières et à l’énergie fossile en particulier ». Autrement, ajoute-t-il, il n’y aura pas suffisamment d’options pour faire face aux chocs externes ».
Selon l’expert financier, le cap doit être maintenu sur la rationalisation des dépenses publiques, la diversification et le remembrement de l’outil industriel du pays « en accordant une place de choix au secteur privé », notamment par « la relance de l’agriculture ». Il est plus que jamais question, ajoute-t-il, d’aller vers «une gestion plus rigoureuse de nos capacités de réalisation des infrastructures et du logement».
« Il est inutile de rappeler, conclut-il, combien il est important d’insister sur la chasse au gaspillage et la modération des dépenses de fonctionnement, ainsi que la réhabilitation de la valeur travail pour parvenir à surpasser cette séquence de crise ».