Rentrée sociale est synonyme, cette année, de grande saignée pour les ménages. La rentrée scolaire aggrave encore davantage la tâche des parents après celle de la fête de l’Aïd El Adha. Gérer cette situation n’est vraiment pas une sinécure.

Entre les articles scolaires et le cartable, les cœurs des chefs de famille balancent. Pressés par les enfants, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Comment faire pour résoudre cette équation difficile ? Quelle est la solution trouvée par les ménages face au rapprochement de cet événement très coûteux ? Depuis quelques jours, les parents et leurs enfants se préparaient à la journée d’aujourd’hui qui coïncide avec la première occasion : la rentrée scolaire. Ils sillonnaient les marchés, les magasins et les grandes surfaces à la recherche d’articles scolaires et d’habits neufs. Jusqu’à hier, les parents poursuivaient encore leur quête de la formule idoine pour réduire encore leurs dépenses de quelques centaines de dinars. A Mostaganem, et certainement dans d’autres villes et villages du pays, la course à la finalisation des achats est à son paroxysme. Tabliers, cartables, chaussures, pantalons et autres besoins de la rentrée… les portefeuilles se vident de plus en plus. Et certains parents se plaignent déjà. « Tout est cher. J’ai trois enfants scolarisés.
Pour leur acheter des chaussures et des habits neufs, j’ai dépensé plus de 20 000 DA. Pourtant, j’ai éliminé certains articles qui n’étaient pas nécessaires. Il me reste pour l’instant, les fournitures scolaires qui vont peser encore sur les budgets », nous déclare un quadragénaire rencontré au quartier « Mont Plaisir » de Mostaganem. Accompagné par sa femme et ses enfants, l’homme ajoute en soupirant : « Le budget est déjà siphonné, alors qu’un autre événement arrive à grandes enjambées ». Non loin de ce quartier, au marché d’Aïn Sefra, les commerçants ambulants proposent toutes sortes d’articles scolaires.

30 000 DA pour trois enfants

Présentés sur des étals de fortune, ou même posés à même la terre, les articles sont souvent contrefaits. Mais malgré leur qualité douteuse, ces produits sont trop chers. 500 DA pour un tablier pour fillette, plus de 1 300 DA pour des chaussures d’une durée  de vie ne dépassant pas quelques semaines, 1 000 à  1 500 DA pour des pantalons et des robes made in China.
Mais les parents sont contraints d’acheter. « Le plus important est que les enfants entrent à l’école avec des habits neufs. Ils seront heureux, même si les produits sont de moindre qualité », explique une jeune maman, qui tente de négocier une réduction du prix d’une petite robe. « Elle est vendue au prix de gros, Madame. Je ne gagne rien », lui rétorque le jeune vendeur, en lui expliquant que « lui-même achète sa marchandise au prix fort ». Si les coûts de la rentrée sont élevés chez les vendeurs à la sauvette, ils sont doublement plus chers dans les magasins et les grandes surfaces. C’est le cas dans une grande surface très connue dans la ville du Mimosa. Ici les fournitures scolaires de marque sont presque inaccessibles, plus de 800 DA pour un simple tablier, plus de 350 DA pour une boîte de couleurs, et jusqu’à 7 000 DA les cartables présentés comme étant adaptés pour les enfants. « Vous savez, la rentrée scolaire, c’est toujours la saignée. Et pour tout le monde. Généralement, un père de famille de trois à quatre enfants dépense au minimum
30 000 DA à cette occasion », explique une dame qui a l’habitude de gérer ce genre de situation depuis des années. Mais, selon elle, cette année est particulière en raison de la coïncidence de la rentrée et la fête religieuse de l’Aïd el Adha. Il faut deux salaires pour faire face à toutes les dépenses », soutient-elle. n