L’activité export au port de Mostaganem a enregistré des résultats positifs durant l’année 2021 avec, comme tracteur, le sidérurgiste Tosyali et ses activités dans le proche bassin industriel de Bethioua. Ainsi, cette plateforme portuaire a servi à l’exportation de 500.000 tonnes de marchandises, selon un bilan publié par son administration. Une hausse significative quand on compare ce résultat à celui de l’année 2020 : 106.000 tonnes, une piètre performance que les analystes expliquent en grande partie par les conséquences de la pandémie Covid sur l’activité économique et industrielle, à l’exemple de ce qui s’est passé partout dans le monde.

Par Kahina Sidhoum
Au premier rang des opérateurs à avoir réalisé les meilleurs chiffres se place Tosyali avec un volume de 417.000 tonnes de produits sidérurgiques expédiés vers l’étranger. Il s’agit entre autres de ronds à béton, de bobines, de lingots et de produits ferreux dérivés. Les destinations ont été les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et la Turquie, pays d’origine de Tosyali dont l’investissement depuis 2011 reste le fait marquant de l’activité industrielle dans cette partie de l’ouest algérien. Selon les indications, le sidérurgiste qui va se lancer bientôt dans la fabrication de l’acier plat à partir de son site en cours d’extension a également opéré vers de nouvelles cibles de marché comme l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande, la Roumanie, les Pays-Bas, la Tunisie et la Chine, destination vers laquelle ont été envoyées quelques 16.000 tonnes de lingots. Au deuxième rang, Lafarge Holcim qui a réalisé des opérations d’exportation équivalentes à 112.000 tonnes de clinker vers la France et la Croatie, sachant que ce cimentier dispose d’une importante installation près d’Oggaz, un site proche du port mostaganémois. Lafarge Holcim et Tosyali signent d’ailleurs aujourd’hui un partenariat pour le recyclage et la valorisation des résidus produits sidérurgiques, une coopération qui « crée une synergie entre industriels de la région », indique un communiqué du cimentier. Les producteurs d’hélium, basés au niveau des terminaux gaziers d’Arzew et qui utilisent également cette plateforme pour l’envoi de leur produit vers l’étranger, ont réalisé une performance de 5930 tonnes, en baisse de 13% par rapport à celle obtenue en 2020. Pour rappel, les opérateurs dans ce domaine en joint-venture avec Sonatrach sont les groupes internationaux Linde, Air Liquide et Air Products. Pour les produits agricoles et alimentaires, le résultat des exportations durant l’année écoulée reste très modeste, 500 tonnes, et incite à poser des questions sur les raisons de cette décroissance par rapport aux chiffres réalisés en 2019 : 1.550 tonnes de produits exportées vers plusieurs destinations, dont 714 tonnes de pomme de terre, 50 tonnes de maraichers et 786 tonnes de dattes, selon le bilan communiqué à l’époque par l’administration du port mostaganémois. Le site a accusé une baisse de 30% d’activité en ce qui concerne l’’exportation de différentes marchandises et équipements et une régression de moins de 40% de l’activité conteneurs qui n’a pas dépassé 3.614 conteneurs remplis de biens et marchandises divers (-40%) d’un poids de 13.167 tonnes (-3%). En 2021, il a enregistré l’accostage de 303 navires pour le transport de marchandises et de passagers, soit une augmentation de 5% par rapport à 2020, avec un taux d’escale estimé à trois jours (place à quai) et un temps d’attente en mer d’un jour.
Des indications rassurantes par rapport à celles communiquées antérieurement mais qui demeurent insuffisantes et traduisent la faible attractivité du port par rapport à celui d’Alger et Bejaia par exemple. Dimanche 30 janvier, en Conseil des ministres, le chef de l’Etat a « ordonné l’exploitation optimale et immédiate » de tous les ports nationaux et ne pas se concentrer sur le port d’Alger qui enregistre 64,5% de l’ensemble de l’activité portuaire dans le pays en matière de fret maritime alors que le bilan des ports de Ténès, Mostaganem et Djen Djen oscille entre 0 et 11%.