Tout porte à affirmer que les responsables locaux semblent ignorer la valeur du marché de gros de fruits et légumes qui confère à la ville de Souk Ellil, à Mostaganem, une réputation de plaque tournante du négoce des fruits et légumes dès lors que ce marché est considéré comme pourvoyeur de fonds potentiels.

Son apport financier annuel pour l’APC est considérable par le biais d’adjudication estimée à 350 millions de dinars. Ce marché d’envergure nationale a, en outre, contribué, par son impact économique, à la résorption du chômage y compris des villes limitrophes. Néanmoins, il demeure toujours à la merci des spéculateurs et autres intermédiaires sans scrupules qui dominent ce secteur constituant le nerf de la sécurité alimentaire de toute la région. Pourtant, citoyens, société civile et médias n’ont cessé, depuis plusieurs années, de tirer la sonnette d’alarme, appelant les responsables locaux à rétablir la situation et à assurer un bon climat de compétitivité afin de protéger à la fois les intérêts des petits commerçants et des citoyens.  « Depuis l’ouverture de ce marché en 1990, les habitants de Mostaganem sont sous l’emprise des spéculateurs de tout acabit qui dominent incontestablement le marché. Pire, chaque marchand qui toucherait aux intérêts de ce lobby est ciblé par des manœuvres qui l’obligent à plier bagage », s’indigne un commerçant. « Ici, on est obligé de se plier aux règles imposées par lesdits spéculateurs, d’accepter des produits de mauvaise qualité à des prix exagérés et instables », déclare un mandataire. « Quand vous dominez le marché, vous imposez vos prix et vos règles du jeu. Les petits commerçants ne peuvent ni contester ni boycotter les dits grossistes, car ils seront obligés de compter sur leurs propres moyens pour assurer leur ravitaillement. Finalement, le coût sera élevé, et ils iront directement vers la faillite », explique un marchand de légumes. Beaucoup de citoyens s’orientent vers les souks hebdomadaires de  Stidia, Sidi Ali, Yenarou et Sidi Lakhdar comme alternative à ce marché. Là-bas, la qualité est meilleure et les prix sont abordables. « Je préfère faire ce petit déplacement chaque semaine au lieu de payer trop cher des fruits et légumes de mauvaise qualité. Les habitants de la ville sont pris en otage par quelques spéculateurs qui profitent du mutisme des autorités locales et des élus », affirme un citoyen qui refuse de céder à cette hogra.
C’est la triste réalité. Une poignée de marchands mercantiles domine tout dans cette ville, y compris le marché des fruits et légumes. Par leur façon d’agir, ces pseudo-commerçants arrivent à contrôler les prix des fruits et légumes sur le marchés de gros, ce qui se répercute négativement sur les prix dans les commerces de détail. Cela explique que l’informel domine ce marché d’envergure nationale et cette situation crée une véritable anarchie et, surtout, touche à la poche du citoyen qui est l’une des premières victimes de cette pratique illégale. « Nous sommes des victimes de ces hors-la-loi qui contrôlent tout. Pourtant la loi algérienne est claire, elle insiste sur la nécessité que les transactions en fruits et légumes passent par les marchés de gros. Cependant, cette loi est bafouée par la mafia des marchés de gros. Pis encore, l’informel a provoqué une désorganisation profonde de cet établissement et ceux de proximité. Ainsi, il a ouvert la voie à la spéculation, engendrant de ce fait la hausse effrénée des prix des produits sur les étals. Cependant, plusieurs commerçants que nous avons rencontrés  ont réitéré leur volonté d’œuvrer avec les autorités locales afin de remédier à cette situation. « Nous dirons aux responsables concernés, aux commerçants et aux associations de défense des droits des consommateurs qu’il nous faut une coordination afin de régler les problèmes de l’anarchie qui règne en maître au niveau de ce marché qui représente la principale ressource de l’APC », a déclaré, pour sa part, un autre mandataire.