Les distributeurs ne passent qu’une fois, rarement deux fois, par semaine. Il faut les guetter pour «mendier» trois à quatre sachets de lait. Le lait pasteurisé taxé au prix de 25 dinars fait encore parler de lui. Décidément, «le feuilleton du lait» ne veut pas se terminer.

Au contraire, les spéculateurs trouvent chaque jour un subterfuge nouveau pour contrer la loi. Au lieu de vendre ce produit si demandé au prix de 25 dinars au niveau de leur local commercial, certains détaillants choisissent la rue pour le vendre à 30 DA. «L’essentiel est d’en trouver. Ils nous rendent service», commente Mehdi, un retraité. «On aura tout vu. Certains vendent le lait sans emballage », « d’autres nous imposent le lait entier, invendu depuis plusieurs jours et qui a dépassé la date de péremption, sachant qu’on s’en débarrassera dans l’évier ». Quelles que soient les difficultés auxquelles ils font face, les habitants de la région de Sidi Lakhdar ont l’esprit plus focalisé sur le lait subventionné devenu introuvable que sur le climat ou la politique locale. «Ventre affamé n’a point d’oreilles», dit l’adage. Les ventes concomitantes, devenues monnaie courante, ne révoltent plus les consommateurs qui semblent accepter, bon gré mal gré, leur sort. Des commerçants s’installent à quelques centaines de mètres du magasin du distributeur, se garent en plein centre-ville de Sidi Lakhdar pour céder le produit subventionné à 30 dinars le sachet. Les spéculateurs n’ont pas besoin de se cacher, ils ne craignent personne. Les dispositions prises par les services publics pour réguler le marché tardent à donner des résultats. Pour le moment, le consommateur est le seul «dindon de la farce». Les services des fraudes semblent avoir boudé l’ex-marché hebdomadaire, sinon comment expliquer que personne n’ait encore été verbalisé. «Tous les citoyens voient ces magouilles sauf ceux qui doivent y mettre le holà», remarque la population que personne ne semble prêt à défendre.