Cela fait des mois que l’oued Kheir, dans la wilaya de Mostaganem, qui prend origine dans les contreforts sud des chaînes montagneuses du Dahra, n’est pas entré en crue jusqu’à ces derniers jours. En effet, le niveau des eaux de cette rivière a sensiblement augmenté. Sous le pont enjambant cet oued, les eaux grondent.

Ce regain de débit s’explique par les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières 48 heures. Cette crue, en plus d’apporter de grandes quantités d’alluvions et d’eau en alimentant la nappe phréatique, a permis à cette rivière, intermittente au demeurant, de charrier toutes les ordures ménagères et autres gravats et de débris qui étaient jetés sans vergogne sur ses berges. Ainsi, les eaux en furie de cet oued lui ont permis de se débarrasser, un tant soit peu, des détritus qui l’amochaient et le polluaient. Et même s’il reste quelques monticules de déchets ici et là, le plus gros de ces impuretés a été emporté par les flots. Il est à noter que l’oued en question est l’un des affluents de l’oued Chélif qui est, lui, plus ou moins pérenne. Malheureusement, la pollution de la rivière a fini par le rendre « inutile », car il n’est même pas bon pour l’irrigation des cultures et autres arbres fruitiers comme jadis. A ce sujet, un septuagénaire de la région se souvient : «Jadis, les eaux de l’oued étaient limpides et potables. Nous récupérions ses eaux via des rigoles pour irriguer nos champs et ce, que ce soit les oliviers ou tout autre arbre fruitier, et le maraîchage. En été, même avec la chaleur qui sévissait, il subsistait toujours des filets d’eau qui ruisselaient et qui nous permettaient de nous désaltérer et d’abreuver aussi nos troupeaux. Aujourd’hui, comme on peut le constater, l’oued est complètement pollué avec les eaux usées et les ordures. Il n’a rien de l’oued que j’ai connu par le passé», se désole-t-il.