La coïncidence de la rentrée scolaire et de l’Aïd el-Adha cette année n’a pas facilité les choses aux familles d’un point de vue économique. Elles appréhendent les prix élevés des moutons et se demandent si leurs bourses pourront supporter la pression qui s’annonce importante. Des parents ont même déclaré sacrifier le mouton au profit de la rentrée scolaire.

« Si je n’arrive pas à trouver une solution, j’opterai pour la scolarité de mes enfants. Après tout, le mouton est un devoir pour ceux qui en ont les moyens », confie Abdelhamid, père de trois enfants scolarisés. Pour lui, « l’argent réservé à ces deux événements est loin d’être suffisant. Je doute sérieusement si je vais célébrer l’Aïd el-Adha cette année ». C’est l’opinion de beaucoup de parents rencontrés et interrogés sur le sujet. « Auparavant, je n’imaginais pas la possibilité de ne pas célébrer l’Aïd el-Adha. Toutefois, avec la faiblesse progressive de mon pouvoir d’achat et les dépenses qui ne cessent d’augmenter avec l’agrandissement de ma petite famille, cette éventualité devient une réalité », témoigne Salim, quinquagénaire et père de trois enfants dont deux lycéens. D’autres familles, par contre, s’essaient à joindre les deux bouts par des acrobaties diverses. L’endettement constitue le moyen principal auquel recourent ces familles pour qui il est impossible de ne pas fêter l’Aïd. « Chaque année, je recours à l’endettement pour pouvoir m’acheter le mouton et j’arrive à rembourser la somme à temps. Ce n’est pas cette année que je vais faire autrement. La célébration de cette fête religieuse est un symbole fort dans ma maison ce qui la rend indispensable », souligne Tahar, fonctionnaire. Côté religion, les spécialistes sont unanimes. « Celui qui n’a pas les moyens de célébrer la fête religieuse qu’est Aïd el-Adha n’en est pas contraint. Le Coran dit qu’Allah n’impose pas aux gens plus qu’ils ne peuvent supporter. Il ne faut pas s’imposer des dépenses contraignantes et épuisantes. Cela n’a rien de l’islam », s’accordent à dire des imams de la ville.

Les pères de familles ne savent plus où donner de la tête avec l’approche de deux événements importants et inévitables qui vont venir dans les prochaines semaines. Fini les vacances et commencent alors les « douloureuses ». La rentrée scolaire s’annonce très difficile pour toutes les bourses, particulièrement les chefs de familles qui ont plusieurs enfants scolarisés. Les sacs à dos, les fournitures scolaires, les livres en plus de la paperasse qui accompagne toujours le retour aux classes.

Déjà on peine pour régler la facture de la Sonelgaz qui vient d’être reçue !! Comment s’en sortir ? C’est la question qui taraude toutes les familles qui sont dans l’obligation de faire face à ces dépenses indispensables.