Le déconfinement se poursuit dans pratiquement toutes les villes algériennes. Une première amorce a été initiée le lendemain du mois sacré de Ramadhan, avec «l’explosion» des cas de contamination à la Cocid-19. Le nombre des personnes infectées a dépassé plusieurs seuils, passant de deux centaines par jour jusqu’à atteindre presque sept cent cas par jour.
Le déconfinement progressif a permis à des milliers de personnes, néanmoins, de «respirer» en retournant au travail et/ ou vers des loisirs interdits depuis la mi-mars dernier. Cela a permis de remettre sur rails, un tant soit peu, une économie en berne et a autorisé plusieurs petits métiers de renouer avec une clientèle heureuse de retrouver des marques perdues.
Le vivre avec le virus prôné par la plupart des pays industrialisés a été sans doute au centre des débats qui ont animé les membres du gouvernement qui étaient entre le marteau de la santé publique et l’enclume d’une économie sclérosée.
Le président Abdelmadjid Tebboune a donc, sûrement dans cette optique, autorisé le gouvernement Djerad à programmer la réouverture progressive des mosquées, des plages, et des parcs. Une bouffée d’oxygène pour les prières collectives qui n’ont jamais vraiment cessé et surtout pour le secteur touristique devenu exsangue à cause de la fermeture des hôtels, des frontières et des plages.
Cette décision qui a surpris plus d’un était en fait très attendu, et sera sans doute suivie par d’autres ouvertures les prochains jours. Des taxieurs inter urbain nous ont signalé avoir été contacté pour reprendre leur travail «bientôt». De même que des cafetiers et des propriétaires d’hôtels, et pas que. Cette main tendue par le président envers une population stressée et désemparée par des semaines de confinement physiques et économiques saisira surement au bond le geste présidentiel. Mais des conditions de protection doivent être appliquées, comme la distanciation physique et le port de masque, pour, toujours, protéger le citoyen contre le virus tueur et lui-même. Ce geste présidentiel a été perceptible dès que le ministre de la Santé avait déclaré que «le citoyen n’était pas le seul responsable de la hausse des cas de contaminations». Dès lors, il était clair qu’un «cadeau» du pouvoir allait être lancé envers une population qui doit maintenant prendre ses responsabilités et cesser ses «enfantillages» autour des postes, des boulangeries et autres commerces générant bousculades et contamination à la chaîne, sans jeu de mots, par plusieurs parties de la population. C’est à cette même population qu’il appartient désormais d’être à la hauteur de la confiance placée en elle par son président en appliquant seulement, mais scrupuleusement, tous les gestes barrières que tout le monde connait par cœur maintenant.