L’acteur Michael Lonsdale est décédé ce lundi 21 septembre à l’âge de 89 ans à son domicile parisien. Les profanes se souviendront de lui dans le rôle majeur de Luc, le moine médecin, libre et homérique, assassiné à Tibehirine par les terroristes du GIA, avec d’autres compagnons d’infortune, il avait près de 80 ans. Ce rôle, taillé sur mesure, rapportera le César du meilleur second rôle masculin (Grand Prix à Cannes en 2010).
Michael Lonsdale est né à Paris en 1931 d’un père anglais et d’une mère française. Huit ans plus tard, sa famille partira pour le Maroc et s’y installera jusqu’en 1947.
Lonsdale et sa famille reviendront dans la capitale française, mais Michael, qui n’était pas porté sur les études, est revenu sans filet d’éducation mais des rêves plein la tête. Au détour du hasard, il rencontrera des personnes, des artistes, qui changeront sa destinée en le propulsant sur les planches, pour le plus grand bonheur de ses futurs fans. Il s’illustrera avec l’actrice Delphine Seyrig, surtout sur des scènes concoctées par l’inoubliable Samuel Beckett. Pour parfaire son jeu, Michael Lonsdale s’inscrit dans les années cinquante aux cours de théâtre de Tania Balachova, la célèbre écrivaine, metteur en scène et professeure d’art dramatique.
Il s’essayera aussi au cinéma où il fera par la suite le plus important de sa carrière et tournera avec, notamment, Michel Deville, Gérard Oury, Jean-Pierre Mocky, et François Truffaut. Il fera partie dans ce que l’on appellera plus tard les blockbusters dans des années 1970, comme le James Bond «Moonraker», avec Roger Moore, ou «Le nom de la rose» de Jean-Jacques Annaud aux côtés de l’excellentissime Sean Connery.
Dans le film de Xavier Beauvois, «Des hommes et des dieux» en 2010, à près de 80 ans, cet acteur à la foi chrétienne rendra le mystère monastique presque palpable. Il se rendra même en Algérie pour visiter le monastère où sept moines ont été enlevés puis tués. Lonsdale sera aussi écrivain et pondra plusieurs ouvrages dont «L’Amour sauvera le monde», «Mes chemins d’espérance», et «Il n’est jamais trop tard pour le plus grand amour».
En soixante ans de carrière, l’acteur à la chevelure et à la barbe blanche et à la voix caverneuse a matérialisé plus de 200 rôles au cinéma, passant allègrement entre les films expérimentaux et populaires, au théâtre ou encore à la télévision.
Il s’est produit encore en 2015 au cinéma dans un film de Bouli Lanners, «Les Premiers, Les Derniers», puis en 2019, son dernier rôle dans le court métrage pour l’Opéra de Paris «Degas et Moi», d’Arnaud des Pallières.
Discret dans sa vie de tous les jours, Michael Lonsdale ne l’a pas été dans sa longue carrière s’illustrant dans les rôles les plus inattendus faisant de lui un éclectique dans le domaine du cinéma, du théâtre et de la télévision.

(Lire l’entretien de Michael Lonsdale accordé à Reporters en avril 2018 au moment de la projection à Alger du film de Xavier Beauvois «Des Hommes et des Dieux» (2010) sur les moines trappistes de Tibehirine, dont voici le lien : https://www.reporters.dz/michael-lonsdale-les-religions-peuvent-se-parler-et-cohabiter-quand-elles-sont-portees-par-des-gens-intelligents/

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