« Nos maux viennent de l’importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l’argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple arrêter l’importation de kits automobiles. L’usine Renault qui est ici n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu’il n’y a aucune intégration, aucune sous-traitance? ». C’est ce qu’a déclaré, entre autres, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans une déclaration accordée au Figaro.

Le dossier automobile n’a donc pu être évité par le chef de l’Etat dans l’une de ses réponses aux questions qui lui ont été posées dans le volet économique. C’est dire combien ce dossier préoccupe M. Tebboune, et auquel il veut trouver une solution d’ »urgence », comme il n’avait pas manqué de le signaler en conseil des ministres, instruisant le gouvernement à aller dans ce sens.
Et qui dit secteur automobile aujourd’hui, dit principalement tracasseries kits CKD-SKD dont l’arrêt est une option qui fait de plus en plus parler d’elle et que le «Nous allons par exemple arrêter l’importation de kits automobiles » lancé par le Président semble être une quasi confirmation. Ceci d’autant que même celui qui pourrait comme le moins des mauvais exemples parmi les assembleurs automobile installés en Algérie, en l’occurrence le Français Renault, est loin d’apporter ce qu’il apporte au Maroc, relève M. Tebboune dans sa réponse au quotidien du même pays.
Cette sortie du chef de l’Etat, vient, en fait, expliquer les déclarations faites ces derniers jours par le ministre de l’Energie et des Mines,
Ferhat Aït Ali, ce dernier ne ratant plus aucune occasion d’aborder
le dossier automobile, dont il se doit de trouver une « solution d’urgence » sans prévenir les entreprises concernés de la fin proche de l’importation des collections CKD-SKD. Dernier exemple en date, les éclairages supplémentaires apportés, mardi dernier, par M. Aït Ali, lorsqu’il a déclaré que les porte
de l’industrie automobile étaient désormais ouvertes aux opérateurs étrangers sans que ces derniers soient dans la contrainte de s’associer à des opérateurs locaux. Il leur sera exigé de venir avec leurs propres financement et savoir-faire.
Cette mesure est contenue dans le nouveau cahier des charges régissant l’activité et dont la livraison est annoncée pour le mois d’avril prochain. Lequel cahier des charges, et avant même sa promulgation, laisse transparaître une mise en demeure à l’adresse des responsables des usines déjà opérationnelles de « s’intégrer dans ces clauses ». Autrement dit, et Ferhat Ait Ali l’avait déjà assez clairement signifié, ces derniers seront obligés de baisser rideau. Et cette option semble toute indiquée lorsqu’on sait que l’essentiel des clauses édictées par le nouveau texte s’articulent autour de l’intégration locale qui n’a pu trouver le moindre espace dans les usines d’assemblage « made in bladi » opérant en mode tournevis. Et aucun signe dans ces usines n’augure d’un sursaut d’orgueil qui viendrait rapidement rétablir cette intégration dans ses droits promis lors des montages de projets et des signatures de contrats pour l’installation des usines.
Un ratage qui fait d’ailleurs parler de lui depuis le début de « l’aventuriste » tentative d’une industrie automobile.
Quant à l’arrêt des importations de kits CKD-SKD, il faut bien rappeler que le processus a déjà commencer depuis le mois de mai 2019 à travers la mise en place de quotas en la matière et, surtout, sas qu’aucun indice sur la démarche pour 2020 ne soit donné par les pouvoirs
publics.<