Baic Industrie est non seulement le seul groupe automobile, en Algérie, qui ne bénéfice d’aucune exonération en matière de taxes, mais qui a été poussé de plus à suspendre ses activités pendant six mois au cours de cette année, a dénoncé Noureddine Sariak, le P-DG de ce groupe. La «issaba» a tout fait pour mettre
des bâtons dans les roues de l’usine, afin qu’elle mette la clé sous le paillasson.

«Nous avons quand même réussi à reprendre nos activités et garder nos employés qui ont continué à toucher leurs salaires durant les six mois où l’usine a été à l’arrêt. Nous avons non seulement repris nos activités de production, mais gagné aussi des contrats à l’export et mis en place un label national pour la commercialisation de nos véhicules, à savoir, «Baic Bladi», répondant aux initiales BB», a-t-il soutenu dans une conférence de presse, hier, à l’occasion de la tenue de la 28e Foire de la production nationale au Palais des expositions, Safex. Une fois que cette marque sera connue, a-t-il assuré, elle sera généralisée à l’ensemble des véhicules à partir de 2020. Le premier modèle orné de ce nouveau label, a-t-il précisé, sera la version 4×4 Offroad du pick-up Terralord. Pour ce qui est de l’export, le groupe a conclu des contrats exclusifs dans la région Mena. Après que ses produits aient été homologués en Allemagne, le groupe a réussi à ouvrir une brèche dans le marché européen. «Nous allons exporter vers l’Allemagne mais aussi vers l’Espagne. Des opportunités nous sont offertes également, en Italie. Pour ce qui de la région mena, nous avons commencé à exporter vers la Tunisie pour 2 500 véhicules/an et bientôt vers la Mauritanie pour 1 500 véhicules/an et nous sommes en négociations avec l’Egypte pour l’export éventuel de 6 000 véhicules/an», a-t-il fait savoir. Le groupe envisage également l’exportation des pièces de rechange vers l’Europe. A partir de 2020, il compte, avec le concours de son partenaire chinois Baic, fabriquer certains modèles de moteurs qui seront également homologués en Allemagne. L’usine est arrivée jusqu’à présent à un taux d’intégration de 26%. Les pneus notamment ainsi que tous les supports en plastique sont fabriqués localement. «Nous sommes disposés à collaborer avec les nouvelles entreprises spécialisées dans les pièces de rechange à l’export, à condition qu’elles répondent aux normes internationales», a-t-il soutenu. Espérant que le nouveau président de la République et son staff soient plus cléments, il a assuré que si l’usine bénéficie d’exonérations de taxes, l’investissement du groupe sera plus important ainsi que le nombre des employés qui atteindra les 2 500 en 2020 contre 800 actuellement. «L’exonération impactera positivement les prix de nos véhicules ainsi que celui dédié au grand public. Celui-là est commercialisé à 1,38 million de DA actuellement. Si les taxes étaient supprimées, le prix sera à 1,05 million de DA, le moins cher non seulement de l’Algérie mais dans le monde», affirme-t-il. Le volume de production de cette usine est limité pour l’instant, a-t-il signalé, en raison du manque de qualification du personnel. «Notre personnel est actuellement en formation et nous favorisons la qualité à la quantité. Nous boosterons la production une fois que notre main-d’œuvre achève sa formation», conclut-il, précisant que la partie algérienne de ce groupe bénéficie d’un transfert technologique gratuit durant dix ans. n