Après trois finales perdues dans les tournois intercontinentaux, Liverpool a une chance en or de remporter enfin le Mondial des clubs: les «Reds» sont favoris dans leur demi-finale contre les Mexicains de Monterrey, aujourd’hui à Doha (Qatar), et de cette compétition confisquée par l’Europe.

C’est une anomalie que Jürgen Klopp a à coeur de rectifier: malgré six Ligues des champions au compteur, Liverpool est la seule des équipes européennes comptant au moins trois C1 à leur palmarès à n’avoir pas remporté dans la foulée le titre planétaire. Le Mondial des clubs est d’ailleurs devenu la chasse gardée des clubs affiliés à l’UEFA: 11 titres pour l’Europe sur les 12 dernières éditions. «Cette compétition va donner à l’équipe l’occasion de réaliser quelque chose de nouveau en gagnant la première Coupe du Monde des clubs», a déclaré l’entraîneur allemand.
«Cela a été une année chargée mais incroyable et évidemment on fera tout pour la terminer avec ce titre.» Signe que les Reds prennent la compétition très au sérieux, ils ont voyagé avec tous leurs principaux joueurs au Qatar, laissant une équipe composée de jeunes et dirigée par l’entraîneur des moins de 23 ans disputer le quart de finale de la Coupe de la Ligue anglaise contre Aston ville, mardi.

Soif de titres
C’est aussi le signe d’une soif de titres dévorante pour le club anglais depuis quelques années. En 1977, les Reds avaient refusé de participer à la Coupe intercontinentale, ancêtre du Mondial des clubs qui se disputait alors en match aller-retour, laissant la place à Mönchengladbach, et en 1978, l’épreuve n’avait même pas eu lieu. Mais en 1981, un an après le passage à une formule à un match à Tokyo, ils avaient été battus 3-0 par les Brésiliens de Flamengo, emmenés à l’époque par Zico et Carlos Mozer, qu’ils pourraient retrouver en finale cette année. En 1984, ce sont les Argentins d’Independiente qui avaient pris le meilleur sur le même score (1-0) que contre Sao Paulo en 2005 en finale d’une compétition rebaptisée Coupe du monde des clubs. À choisir, Liverpool préfèrerait évidemment mettre fin cette saison à sa disette sur le plan national en étant champion d’Angleterre pour la première fois depuis 1990. Mais la bonne nouvelle est qu’ils n’ont pas à choisir, tant ils ont pris de marge à la maison avant de s’envoler pour le Qatar, avec un gouffre de 10 points sur Leicester, 2e.

Un remake de 1981 contre Flamengo ?
Mercredi, en demi-finale, ils affronteront les «Rayados» de Monterrey, vainqueurs de la dernière Ligue des Champions d’Amérique du nord, centrale et des Caraïbes (Concacaf). Pour se qualifier, le club mexicain a dû passer par un quart de finale contre les Qataris d’Al-Sadd, battus 3 à 2. «Contre Liverpool il nous faudra jouer le match parfait», a admis l’entraîneur de Monterrey Antonio Mohamed lors d’une conférence de presse samedi. La principale inquiétude pour Liverpool seront les absences dans le secteur défensif avec le forfait de dernière minute du Croate Dejan Lovren qui est venu s’ajouter à ceux connus de longue date de Joel Matip et du métronome Fabinho au milieu. Il est toutefois difficile d’imaginer la triplette Mohamed Salah – Roberto Firmino – Sadio Mané ne pas tourmenter la défense des «Rayados» dont c’est la 4e participation et qui avaient fini 3e de l’édition 2012. «Ils ont une organisation légèrement différente, des choses auxquelles nous devrons nous adapter», a dit Klopp. «C’est le style mexicain, si vous voulez, plein de passion, tel qu’on l’imagine. Nous sommes impatients.» Si les «Reds» atteignent la finale, ils retrouveront soit les Brésiliens de Flamengo pour un remake de la finale de 1981, soit la formation saoudienne d’Al-Hilal, qui a battu le champion d’Afrique, l’Espérance de Tunis (1-0), en quart de finale grâce à un but du Français Bafetimbi Gomis, 34 ans. n