Le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould-Ali, vient d’affirmer que la décision du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, de soutenir la candidature du Maroc pour accueillir la coupe du monde de football 2026 sera exécutée avec fierté.

Cela se passe au moment où, le président de la Fédération royale marocaine de football (Frmf), Faouzi Lekjaâ, écrit une lettre de protestation au président de la Fédération internationale de football (Fifa). Dans cette correspondance, il dénonce le changement des critères d’éligibilité non divulgués quelques heures avant la date limite de remise des « bid book » du Maroc et du trio nord-américain formé par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.
Ainsi, dans sa lettre de protestation, le président de la Frmf, Faouzi Lakjaâ s’inquiète vraiment au sujet de « la transparence de la procédure d’appel d’offres » tout en rappelant  que son instance avait demandé, il y a quelques mois, à la Fifa de clarifier avec précision la méthodologie du système de notation de la « task force » concernant les éléments devant être satisfaits par le bid book.
Le président de la Frmf exprime son étonnement en écrivant au président de la Fifa qu’«à ma grande surprise, le système de notation ne nous a finalement été transmis que le 14 mars», soit à peine 24 heures avant que le Maroc ne remette son dossier et 48 heures avant la date limite imposée par la Fifa.

Système de notation : comment ça marche
Dans ce système de notation rendu public cette semaine par la FIFA, l’infrastructure, dont la moitié concerne les stades, représente désormais 70% de la notation de l’ensemble des critères. Les 30% restants sont basés sur les coûts et les revenus envisagés.
Il faut savoir en outre que les notations du système sont comprises entre 0 et 5. « 0 » voudrait dire « aucune exigence satisfaite/très faible» et « 5 » veut dire « exigences dépassées /excellentes. Encore faut-il préciser qu’une soumission doit atteindre un total de 2 « exigences minimales satisfaites/suffisantes » pour être approuvée avant le vote le 13 juin prochain à Moscou.
De plus, les offres doivent obtenir au moins deux notes concernant les aspects individuels des stades, des équipes et des installations dédiées aux arbitres, ainsi que pour l’hébergement et les liaisons de transport. Si on n’obtient pas la note 3 par la «task force », cela veut dire que l’offre est entachée d’ « une défaillance matérielle ». Dans ce cas, la Fifa déciderait donc de disqualifier la candidature trois jours à peine avant le passage au vote.
Plus difficile encore pour les Marocains c’est que dans les exigences de la Fifa, le Maroc doit garantir que les villes d’accueil comptent au moins 250 000 habitants, que la capacité aéroportuaire soit au minimum de 60 millions de passagers par an et que la taille des « fan fests » soit imposante. Il ne faut pas non plus oublier que le temps de trajet maximal entre l’aéroport et la ville hôte ne doit pas excéder 90 minutes.

Réaction légitime des Marocains
C’est ce qui explique pourquoi les Marocains sont vraiment furieux par rapport à ces nouvelles exigences de la Fifa qui ne faisaient pas partie des conditions de candidatures initiales ratifiées par le conseil de la Fifa en octobre dernier.
C’est la raison pour laquelle le président de la Fédération marocaine de football a fait remarquer au président de la Fifa que « le système de notation ajoute plusieurs nouveaux critères techniques qui ne faisaient pas partie de la réglementation originale » avant d’insister sur le fait que « ces éléments n’ont jamais été transmis à la Frmf lors de la préparation du bid book ».
« Vous devez être conscient que cette information (des nouvelles exigences, ndlr) était de nature à affecter tout ou partie du contenu du dossier de candidature qui était en train d’être mis en place par la Frmf », a écrit Lekjaâ à Infantino.
« La Frmf ne peut pas accepter que la Fifa puisse introduire des différences substantielles (…) à un stade aussi critique de la procédure », écrit également Lekjaâ à Infantino.
Enfin, le président de la Frmf demande au président de l’instance universelle de respecter personnellement les statuts et de suspendre le système de notation « afin de garantir à la Frmf une procédure juste et équitable ».

Blatter ressort les défaillances de la co-organisation
D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que la « neutralité »  de la Fifa est remise en cause. Dans un tweet publié le 22 février, l’ancien président de la Fifa Sepp Blatter, qui fait rarement des déclarations depuis sa démission le 6 juin 2015, fait savoir qu’il est temps pour que l’Afrique abrite une nouvelle fois la coupe du Monde, après celle de 2010 en Afrique du Sud. L’argument majeur qui appuie la position de Joseph Sepp Blatter n’est autre que le rejet de la co-organisation de la Coupe du Monde par la Fifa après la coupe du monde 2002 qui s’était déroulée au Japon et en Corée du Sud, et qui avait mis en évidence de nombreuses difficultés de coordination.
S’appuyant sur cette disposition de la Fifa, Sepp Blatter trouve donc déplacée et illégale la candidature pour la co-organisation du tournoi mondial par le trio d’Amérique du Nord, alors qu’en face, le Maroc présente sa candidature pour une organisation unique. En effet, si la candidature marocaine semble bénéficier de l’adhésion des fédérations asiatiques et africaines, il semble que ses chances de prospérer se heurtent à l’entregent dont jouissent ses concurrents auprès de la haute hiérarchie de la Fifa dont le président, Gianni Infantino doit son élection en 2016 à un report de voix de la CONCACAF, à charge de revanche.