Samedi, le Maroc signait une qualification historique en demi-finale de la Coupe du monde. C’est la toute première fois que l’Afrique réussit à placer un de ses représentants à ce niveau de la compétition. Si les «Lions de l’Atlas» ont pu arriver à ce stade, ce n’est pas par hasard. Ils ont montré assez de qualité, notamment sur le plan défensif, pour signer cet exploit inédit. Analyse.

Par Mohamed Touileb
«On est tombés sur une grande équipe du Portugal. Nous, on tire au max, le capitaine s’est blessé mais tout le monde se bat. Je leur ai dit avant le match qu’il fallait écrire l’histoire de l’Afrique, c’est chose faite. On progresse, on avance avec nos qualités. On a créé un état d’esprit pour rendre ce peuple heureux. On se demandait quand on pouvait passer ce palier, c’est chose faite aujourd’hui. Ce n’est pas fini», Walid Regragui, sélectionneur du Maroc, était content et fier de ses protégés après la grosse bataille livrée à Al-Thumama Stadium avant-hier.

Savoir quand frapper et préserver l’acquis
Une réalisation à un moment important (juste avant la pause) du match a suffi aux camarades de Youssef En-Nesyri, unique buteur de ce quart, pour connaître le bonheur de disputer une demi-finale d’un Mondial pour la première fois de leur histoire. Passés par les tirs au but après le nul (0-0) face à l’Espagne en 1/8 de finale, les Marocains n’ont pas eu besoin de jouer plus que les 90 minutes réglementaires cette fois.
Même face à un adversaire qui avait collé 6 buts à la Suisse lors du tour précédent, l’arrière-garde, emmenée par l’infranchissable Yassine Bounou, auteur de 3 grosses parades, n’a pas craqué malgré les assauts portugais. Et c’est le cas contre les Espagnols qui avaient passé une valise au Costa Rica (7-0).
Pour tout résumer, on peut relever que l’attaque marocaine fait preuve de réalisme alors que sa défense est très compacte et infaillible. Depuis le début du tournoi, Hakim Ziyech & Cie ont marqué 5 fois et n’ont craqué qu’à une reprise. Et c’était sur un but contre son camp et un ballon dévié malencontreusement dans les cages. C’est pour dire que les adversaires n’ont jamais réussi à décrypter le code du coffre-fort.

Regragui croit en l’étanchéité de son système
D’ailleurs, même Regragui savait préalablement qu’il pouvait compter sur la densité et la robustesse défensive des siens. «Si on arrive à la mi-temps sans prendre de but ou en menant au score, ça va être très compliqué pour eux. Ils vont rentrer dans des problèmes», avait-il prédit avant de croiser le fer avec les camarades de Cristiano Ronaldo. Ces derniers n’ont jamais pu compenser ce but de retard malgré la qualité de l’effectif. Notamment dans le secteur offensif.
Avec la meilleure défense du tournoi, les protégés de Regragui ont un sacré atout pour contrarier leurs adversaires. Avant tout, dans le football, il s’agit de ne pas encaisser puis essayer de scorer. Le prochain test sera l’équipe de France en demie et son armada en attaque avec les Dembélé, Mbappé et Giroud. Le rendez-vous est pris. Et avec son mode béton armé, le Maroc est bien équipé pour poser des problèmes aux champions du monde en titre. n