Les salariés sont de plus en plus stressés. Le niveau de stress est parfois si élevé qu’il représente un danger pour l’être humain. Et le traitement du «burn-out», qui est l’une des conséquences possibles d’un stress trop élevé, est difficile car il n’est toujours pas reconnu comme maladie professionnelle, selon les spécialistes.

Intervenant lors de la Journée scientifique et économique sur le thème «Le bonheur au travail, de la prescription à la réalité», organisée, hier, à l’APW d’Alger, par SAB Solutions, le chef de service pédopsychiatrie à l`hôpital de Chéraga, le Pr Madjid Tabti, a indiqué qu’«aujourd’hui, le premier danger pour la santé au travail est devenu le stress», ajoutant que «28% des salariés sont en situation d’hyper-stress». Selon lui, «l’hyper-stress correspond à un niveau trop élevé de stress, qui devient néfaste. Le stress est mesuré scientifiquement».
Pour autant, pas question pour les autorités concernées, à savoir les départements du travail ainsi que celui de la santé, de reconnaître ce syndrome comme maladie professionnelle et de le mettre à l’ordre du jour. «Aujourd’hui, il s’avère que ce n’est pas une maladie. C’est un ensemble de symptômes et, donc, c’est très difficile de décider que c’est une maladie professionnelle», selon le professeur Tabti. Chérifa Idder Laïb, chef de service en médecine de travail au Centre hospitalier de Beni Messous, a abouti au même constat, alors que «la question refait pourtant régulièrement surface au gré des actualités, souvent tragiques, des grèves, aux suicides sur le lieu de travail». «Malheureusement, le stress ne figure pas dans les tableaux listant les maladies professionnelles», déplorera-t-elle. Avant d’ajouter que le burn-out ne fait pas partie des affections listées dans les «tableaux de maladies professionnelles», au nombre d’une centaine pour le régime général de sécurité sociale.

Objet médical non identifié
Pour sa part, le professeur Hayette Benmessaoud, chef de service en médecine du travail à l’hôpital de Bab El Oued, expliquera que «nous n’avons pas encore de critères précis agréés pour le burn-out en tant que pathologie», et qu’«on a encore besoin de beaucoup de recherches». Pour que le burn-out soit reconnu comme maladie professionnelle, il reste deux obstacles à surmonter, selon elle.  «On ne sait pas encore définir de seuil à partir duquel le burn-out serait reconnu comme une pathologie et, pour l’instant, le burn-out n’est recensé nulle part dans les grandes classifications médicales mondiales, surtout mentales».  Ainsi, pour elle, «c’est un Objet Médical non Identifié !» Elle ajoutera que «le stress a une relation avec les maladies de complaisance qui ont été estimées à plus de 14 millions de jours d’arrêts maladie durant l’année 2017».
Sabah Mrakach, organisatrice de la journée scientifique sur «Le bonheur au travail», indiquera que «l’Algérien vit dans une société en mutation, et c’est le cas pour plusieurs régions du monde», il est, d’un côté, influencé par son environnement direct, rêve souvent de progrès à l’«occidental», mais réserve un investissement psycho-affectif assez fort à sa nation. Il se plaint, en effet, mais il est très solidaire avec ses condisciples. Là où il diffère des autres, c’est dans les modes de communication avec autrui et, selon elle, l’impulsivité est devenue une marque «made in bladi».