Organisée dans le cadre du « Mois du patrimoine», l’exposition intitulée «Instruments de musique traditionnels africains» mettant en avant «une petite partie» des collections du musée du Bardo, a été officiellement ouverte

, samedi passé, et devrait se prolonger durant un mois. L’exposition ethnographique est articulé autour d’une trentaine de pièces conservées pour certaines depuis la création de l’institution en 1930. Chaque groupe d’objets présenté aux visiteurs est disposé dans une scénographie très soignée et entièrement réalisée pour l’occasion. Parmi, ces instruments, il y a des pluri-arcs du Congo, des lyres d’Ethiopie ou encore des harpes d’Afrique centrale, en plus d’un certain nombre d’instruments à percussion. Les pièces exposées sont également accompagnées de textes descriptifs et de cartes géographiques expliquant leur provenance, et des guides du musée pour apporter des compléments d’informations aux visiteurs.
Lors de l’inauguration de l’exposition, les guides ont notamment expliqué l’évolution des techniques de fabrication, les traditions et croyances religieuses associées aux instruments de musique, mais aussi sur l’utilité sociale des rythmes musicaux et des sons. Les instruments à percussion, dont certains auraient atteint les cinq mètres de diamètre, étaient en ce sens utilisés comme moyen de communication entre les villages.

Mise en relief de la richesse des collections du musée

Le directeur du Musée national l du Bardo, Zoheir Harichane, nous explique que la préparation de l’événement a nécessité plusieurs mois de travail. « Le projet de l’exposition, la préparation, la recherche sur chaque instrument présenté ont commencé en janvier dernier. Nous avons également entrepris un travail de restauration et de conservation de chacun des objets », a-t-il indiqué. Il ajoute que l’exposition, entièrement préparée par les conservateurs du Bardo, est aussi l’occasion de présenter des pièces inédites. «Il s’agit d’une collection que le musée possède depuis longtemps mais qui n’a jamais été présentée au public.»
Zoheir Harichane rappelle que le musée du Bardo possède une très riche «collection africaine», qui comprend environ mille objets qui constituent aujourd’hui l’héritage du Bardo. Leur origine est algérienne, bien sûr, mais aussi marocaine africaine, subsaharienne, du Mali, du Congo, ou de Guinée notamment. Le directeur du musée Bardo souligne que «ce qu’il faut savoir est que les pièces exposées, aujourd’hui, sont en majorité des objets anciens. Il est nécessaire de les faire connaître, de faire connaître, également, la richesse culturelle du continent. L’Afrique est le berceau de l’humanité». Le directeur du Bardo a aussi annoncé que dans le cadre du Mois du patrimoine, et en collaboration avec le Musée des arts et traditions populaires, d’autres activités sont au programme, notamment des conférences en lien avec la question de la protection et de la promotion du patrimoine. Pour rappel, la célébration du «Mois du patrimoine », qui se déroule chaque année du 18 avril au 18 mai, a été placée par le ministère de la Culture, pour l’édition 2018, sous la thématique « Mon patrimoine, mon devenir ».n