Il est indéniable que la décision, prise en mai 2021 par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune, d’arrêter les importations de céramique en tant que produits finis, lors d’un Conseil des ministres, a grandement contribué à dynamiser ces derniers mois les activités de cette filière.

Par Bouzid Chalabi
En témoignent les volumes expédiés jusqu’ici. «Ce qui démontre que la céramique algérienne répond aux normes internationales», affirme Mohamed-Moncef Bouderbala, président de l’Association des producteurs et céramistes algériens (APCA). Ce dernier, au micro de «l’invité de la rédaction» de la Chaîne III de la Radio nationale, a en outre expliqué, au sujet des volumes appréciables exportés ces derniers temps, que «c’est le fruit de notre maîtrise des techniques de production, de son coût et aussi le haut niveau de qualité atteint». Toutefois, le président de l’APCA n’a pas hésité d’avancer, à cette occasion : «Certes les premières expériences sont encourageantes, mais on peut faire mieux pour peu que les exportateurs de céramique bénéficient d’un meilleur accompagnement logistique (transport) et bancaire.» Rappelant que «dans ces deux volets, le pays enregistre un sérieux retard», le responsable de la filière reste optimiste «dans la mesure où les pouvoirs publics ont décidé de libéraliser les secteurs du transport aérien et maritime, ce qui va répondre étroitement à nos objectifs d’exportation».
Toujours au registre de l’exportation de la céramique, Bouderbala estime que «le contexte géopolitique mondial actuel ouvre de sérieuses perspectives à la céramique algérienne de gagner des parts de marchés externes». Arguant dans ce sens : «C’est d’autant plus à notre portée que nos produits sont devenus très concurrentiels, compte tenu du coût bas du gaz contrairement à d’autres grands producteurs étrangers de céramique des pays du Sud de l’Europe, qui étaient les grands fournisseurs du marché algérien.»
A propos du volet bancaire, l’invité de la radio plaide pour «une collaboration étroite entre la Banque d’Algérie et les opérateurs économiques». Il demande à ce que «la Banque d’Algérie prenne en charge la perte du change dû à la convertibilité à la baisse du dinar». Il préconise «une convertibilité intelligente du dinar, afin de redonner confiance aux opérateurs nationaux versés dans l’exportation». Abondant dans ce sens, l’industriel précise que «la convertibilité intelligente est d’autant fort indiqué que les rapports de force entre pays industriels sont en train de changer. Et l’Algérie se doit donc de se positionner en fonction de ses intérêts».
Le président de la filière céramique a, en fin d’émission, avancé : «Avec la mise en place de conditions favorables à l’acte d’exporter, l’Algérie a de sérieuses chances de dynamiser son commerce extérieur avec, en pointe, de miser une diversification accrue de ses produits locaux destinés à l’export.» Et de lâcher en guise de conclusion : «A nous de relever le défi.»
Pour rappel, la filière céramique nationale regroupe 65 sociétés de fabrication avec une capacité totale installée de 180 millions de m²/an. Selon les dernières statistiques, la production a atteint, à la fin de 2021, près de 200 millions de m². Ce qui représente, selon l’APCA, «plus de 200% des besoins du marché local, soit un excédent d’environ 80 millions de m²/an de production céramique, auxquels il faudra trouver des débouchés. A ce titre, c’est une cargaison qui comprend 28 000 m2 de céramique, soit 20 conteneurs exportés vers le Canada en janvier dernier à partir du port de Béjaïa. <