Promise à être périlleuse,  la visite du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, à Tizi Ouzou, s’est finalement déroulée sans encombre. Mohamed Miraoui, qui a avait pour mission de donner le coup d’envoi  de la rentrée scolaire dans la wilaya, geste qu’il a fait à partir du CEM Mouloud-Feraoun, où il a
assisté au cours inaugural sur les bienfaits  du dialogue et du
patriotisme, a eu une journée tranquille. Une viste à minima effectuée
sous un déploiement important des forces de l’ordre en un temps
record, le temps de satisfaire aux consignes du Premier ministre Bedoui,
qui avait demandé à ses ministres de se déployer sur le terrain. Les
forts contingents de policiers et de  gendarmes mobilisés
pour sécuriser les déplacements du cortège ministériel n’ont pas eu à
intervenir. Pour autant, ils étaient aux aguets et prêts à parer au
moindre débordement. Débordements qui n’auront pas lieu, même si à Draa
Ben Khedda, où le ministre s’est rendu au centre de lutte anti-cancer,
qui connait un fonctionnement partiel depuis le début de l’année en
cours, un groupe de citoyens a réservé un accueil quelque peu chahuté
à la délégation. « Klitou leblad… » et d’autres slogans hostiles à l’encontre du membre du gouvernement Bedoui et de sa
délégation. Ils quitteront les lieux sans encombre mais sous la
surveillance vigilante des forces de l’ordre.
Humanisation des hôpitaux, agression contre les personnels hospitaliers,
pénurie de médicaments : les facteurs de performances  du secteur
Par ailleurs, le ministre abordera, avec les journalistes et ainsi
qu’en réponse à des interpellations de citoyens, les problèmes
relevant du secteur de la santé. Il soulignera la réduction des délais
d’attente et l’humanisation des hôpitaux  parmi les principaux
objectifs du ministère de la Santé. Un objectif à atteindre « par un renforcement des
effectifs ». A ce titre, il  annoncera   que son ministère mettra en
place les conditions nécessaires pour la mise sur pied  d’une
troisième équipe de praticiens au niveau du Centre de lutte contre le
cancer (CLCC) de Draâ Ben Khedda afin que cette structure, qui
fonctionne de 07H à 19H  « puisse continuer à recevoir les malades
jusqu’à minuit. Facteur qui aura  pour impact la réduction des délais
d’attente ».  Interrogé lors d’un point de presse sur la violence contre
le personnel médical dans les structures de santé publique, le
ministre a dénoncé ce phénomène, soulignant que « nous sommes un pays
de droit et de justice. Rien ne justifie ces actes. On doit dénoncer
les insuffisances et c’est à l’administration de les prendre en
charge » a-t-il dit. M. Miraoui a rappelé, à ce propos, qu’une
commission intersectorielle travaille sur ce dossier pour améliorer la
sécurité au sein des établissements de santé par, notamment, le
renforcement des agents de sécurité et des équipes au niveau des
urgences, tout en améliorant le réseau de soins de proximité, afin de
réduire la pression sur les hôpitaux.
Répondant à des citoyens qui l’ont rencontré au niveau du CLCC et qui
ont soulevé certaines préoccupations dont « la pénurie de médicaments
en hématologie, le problème de fonctionnement de l’hôpital de
cardiologie et l’insuffisance des structures de soins de proximité,
le ministre a rassuré ses interlocuteurs précisant qu’il effectuera
prochainement une visite de travail dans la wilaya pour inspecter les
différents établissements de santé afin de prendre les mesures qui
s’imposent à même de garantir la disponibilité du service de soins aux
citoyens. En outre, a-t-il annoncé, une inspection ministérielle se
rendra dimanche prochain à Tizi-Ouzou pour enquêter sur cette affaire
de pénurie de médicaments. Sur ce même sujet, le ministre a réaffirmé
que les médicaments sont  disponibles au niveau des hôpitaux. Ce
problème « se pose plutôt au niveau des officines privées, où il a été
constaté l’existence de certaines pratiques tel que la vente
concomitante ». « Des commissions d’enquête sont sur le terrain, nous
attendons leurs rapports pour prendre les mesures qui s’imposent afin
de remédier à cette situation. Il est inacceptable de priver le malade
de son traitement », a-t-il ajouté.
Il a rappelé la création, au niveau de son département, d’une
« commission de veille », composée du Directeur général de la pharmacie,
du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (Snapo), des
distributeurs de médicaments, du Conseil national de déontologie et
des producteurs, pour veiller au suivi hebdomadaire de la chaîne de
distribution au niveau national.
A une question d’un journaliste sur les décès des parturientes, M.
Miraoui a indiqué que leur nombre au niveau national est de 57,7 pour
100 000 naissances. Il a observé que « le réseau de prise en charge de
la femme enceinte, appliqué en 2019, et que nous sommes en train
d’améliorer continuellement, a permis une réduction du nombre de
décès ». « Des enquêtes sont systématiquement ouvertes pour déterminer
les causes et  prendre les mesures nécessaires contre les auteurs de
négligence » a-t-il ajouté.