PAR MILINA KOUACI
Le succès de la campagne de vaccination est strictement lié à l’éradication des rumeurs et fake news répandues sur les réseaux sociaux et qui mettent à mal la lutte contre la propagation du coronavirus. Des personnes refusent de se vacciner contre la Covid-19 sous prétexte que cela nuit à la fertilité, engendre des maladies ou entraîne la mort. Toutes ces allégations infondées dissuadent certains de recevoir leurs injections, estime Mohamed Melhag, chercheur en virologie.
Hier, « la plus importante campagne nationale de vaccination» contre la Covid-19 a été lancée. Elle durera, selon Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, jusqu’à la fin de l’année. La tutelle compte mobiliser des staffs médicaux qui travailleront par vacation H/24, y compris les week-ends, en vue de vacciner un maximum de citoyens.
Parallèlement à ces efforts, les autorités publiques et la société civile doivent œuvrer de concert afin de persuader les citoyens de se faire vacciner, car c’est le seul moyen pour préserver sa santé et celle d’autrui, dit Mohamed Melhag.
Le chercheur en virologie n’omet pas de rappeler qu’en août dernier, le ministère a reconnu avoir enregistré une baisse, en raison de la hausse des températures et des départs en vacances. « Le succès de la campagne de vaccination est lié à l’éradication des rumeurs autour du vaccin anti-covid», dit notre interlocuteur qui constate une hésitation, voire une défiance, envers la vaccination».
Ces rumeurs «sans fondement scientifique» ont dissuadé des citoyens de ne pas se faire vacciner, ajoute le chercheur, pour qui, il y a «obligation» de surmonter les peurs et les doutes concernant le vaccin contre le coronavirus qui sévissent chez nos concitoyens.
«La méfiance de la population envers la vaccination conjuguée au relâchement des mesures préventives risquent d’aggraver la situation sanitaire. Il appelle ainsi les personnes hésitantes à se présenter aux services de vaccination anti-covid pour recevoir leur première dose de vaccin et parvenir à l’immunité collective.
Dans le même contexte, Dr. Melhag exprime son inquiétude quant à l’éventualité de résurgence des cas de contaminations avec l’apparition de la grippe saisonnière.
« Les cas de contaminations pourraient repartir à la hausse durant l’hiver. Des spécialistes ont, en effet, mis en garde contre une 4 e vague et appelé à la vigilance et à l’observation des mesures barrière», ajoute le chercheur en virologie.
Pour rappel, la campagne de vaccination a été officiellement lancée le 30 janvier 2021, mais n’a réellement commencé qu’en juillet dernier, après avoir reçu des millions de doses. Au lancement de la campagne de vaccination, l’Algérie s’est fixée comme objectif de vacciner 70 % de sa population de plus de 18 ans. Mais du fait de la propagation du variant Delta, qui touche de plus en plus des sujets jeunes, l’autorité sanitaire a changé sa stratégie de vaccination en soulignant l’obligation de vaccination des moins de 18 ans. La tutelle se fixe un objectif de 30 % de la population vaccinée pour espérer une stabilisation même relative de la situation sanitaire. n