Reporters : Quel bilan faite-vous des activités commerciales durant le Ramadhan de cette année ?
Mohamed Mechdène : A vrai dire, il n’y a pas eu beaucoup de différences entre ce Ramadhan et celui des années précédentes. En matière de prix et de disponibilité des produits de large consommation, on a eu pratiquement le même schéma, voire un effort supplémentaire en ce qui concerne la chaîne d’approvisionnent par peur que la crise sanitaire ne crée la pénurie. Les responsables ont été présents régulièrement sur le terrain pour assurer le bon déroulement des opérations et tout s’est déroulé normalement

Pourquoi les prix n’ont pas été stabilisés au début et à la fin du Ramadhan ?
Cela est dû à la hausse de la demande sur les produits de large consommation. Bien évidemment, dans le commerce, c’est la règle de l’offre et de la demande, connue de tout le monde, qui a joué et fait que les opérateurs ont profité de l’aubaine. Tant que le consommateur algérien ne change pas de réflexe, le marché continuera ainsi à chaque fois qu’il y a une pression de la demande. Cela dit, il faut observer que la crise sanitaire provoquée par la Covid-19 a eu un impact certain sur le transport des produits en raison des restrictions sur la circulation. Pas de circulation ordinaire, pas de permission parfois, ces contraintes ont agi sur les coûts de transport et, in fine, sur les prix au consommateur.

Pourquoi le ministère a semblé incapable d’intervenir efficacement sur le terrain pour éviter la flambée des prix ?
Les autorités ne peuvent pas intervenir pour plafonner les prix en raison des règles du marché que j’ai évoquées. J’ajouterai un autre problème qui peut freiner toute initiative de pratiquer des prix trop élevés, c’est le manque de chambres froides. Lorsque nous enregistrons une insuffisance d’outils et de moyens pour stocker et conserver dans de bonnes conditions, il est difficile de réguler et d’équilibrer le rapport entre l’offre et la demande et éviter un emballement de la mercuriale. On verra bien ce que donnera la décision du ministre du Commerce de moraliser le marché et d’établir une charte entre producteurs, distributeurs et associations de protection du consommateur.

Quid de la permanence de l’Aïd ? A-t-elle été respectée et si oui, à quel taux ?
Oui, on peut dire que la permanence a été bien respectée. Nous avons enregistré un taux d’adhésion très élevé par rapport aux années précédentes. Le chiffre que nous avons enregistré en coordination avec d’autres instances est autour de 98%. Tout le monde a ouvert son commerce. Ce comportement qui n’était pas respecté durant les années précédentes est dû à la fermeture des commerces qui a duré plusieurs semaines et au besoin de faire tourner le commerce longtemps impacté. Nous pouvons dire que les commerçants ont profité de cette conjoncture pour récupérer leurs pertes.

Quand pourrait-on espérer la réouverture de tous les commerces ?
Je peux dire que la réouverture des commerces est très proche s’il n’y a rien d’imprévu d’ici là et si tous les opérateurs s’engagent à respecter les règles sanitaires et sensibiliser leurs clients. La baisse de la mortalité est un signe qui encourage au déconfinement progressif et bien organisé. Nous prévoyons donc une réouverture dans les prochains jours.
A ce propos, nous avons communiqué aux hautes autorités notre point de vue concernant la réouverture des commerces. Nous avons écrit une lettre au Président de la République expliquant la nécessité de réouverture des magasins et la reprise des différentes activités. Notre économie ne supporte plus cette suspension et les responsables d’entreprise et d’activités commerciales n’ont plus les moyens d’assurer les salaires et l’emploi.