Cette fois, El-Hadi Ould-Ali, désormais ex-patron du sport national, n’a pas résisté au remaniement ministériel opéré, hier, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) cède sa place à Mohamed Hattab, nouvel homme fort du département des sports.

D’énormes chantiers attendent ce dernier, son prédécesseur lui ayant laissé un secteur en léthargie toutes disciplines confondues. Il y a également un climat conflictuel auquel il faudra y remédier. Analyse.
Avec le ratage des Jeux Olympiques 2016 de Rio (Brésil), la régression dangereuse du handball algérien sur le plan continental et une équipe nationale de football en ruines, Ould-Ali a failli dans la gestion du sport national, en général, et des disciplines phares en particulier. Celles qu’on a citées ont connu une véritable déperdition lors de la période (2 ans et 9 mois) qu’il a passée au sommet de la hiérarchie administrative de l’Algérie des sports.
Hier, le glas du successeur de Mohamed Tahmi, désigné au poste le 23 juillet 2015, a sonné. Conformément aux dispositions de l’article 93 de la Constitution, et après consultation du Premier ministre, le président Abdelaziz Bouteflika a décidé de nommer M. Mohamed Hattab ministre de la Jeunesse et des Sports, en remplacement de M. El-Hadi Ould Ali, appelé à d’autres fonctions, a en effet indiqué hier un communiqué de la présidence République publié hier.

Les «Verts» ont mis Ould-Ali dans le rouge
El-Hadi Ould-Ali est parmi les quatre ex-membres du gouvernement appelés à d’autres fonctions. Et c’est le dorénavant l’ex-wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, qui prendra le relais. Lui qui a un fort intérêt pour le sport. Le football en particulier, puisque les deux clubs phares de «Bougie», à savoir le MOB et la JSMB, sont en lice pour retrouver l’élite dès la saison prochaine. Crabes  et Aigles de Yemma Gouraya occupent les deux premières places de la Ligue 2 Mobilis et ils ont bénéficié du soutien de Hattab depuis le début de l’exercice.
En parlant de balle ronde, on ne va pas lier tout à n’importe quoi, mais la situation de l’équipe nationale et l’oral raté de Rabah Madjer, driver des Fennecs, lors de son passage sur le plateau de la TV nationale, seraient pour beaucoup dans la fragilisation de la position d’Ould-Ali. Lui qui avait usé de tout son poids pour contraindre Mohamed Raouraoua à ne pas se présenter aux élections de la Fédération algérienne de football (FAF) et placé Kheireddine Zetchi à la tête de la structure. Sans oublier son soutien pour Madjer, devenu sélectionneur des Verts par la suite.
Toujours aussi «impliqué», le ministre sortant a, aussi, souvent interféré dans la gestion de différentes fédérations sportives. Une omniprésence (inutile au final) qui a créé des tensions avec Mustapha Berraf, le président de Comité olympique algérien (COA). À un moment, la tête de ce dernier était mise à prix et Ould-Ali a tout fait pour faire retourner les différents patrons d’instances sportives contre l’homme fort du COA. En vain. Une bataille perdue. Avec ce vent de changement, on s’attend à ce que le sport Dz retrouve un peu de sérénité. Reste à savoir quel sera le sort des «alliés» d’Ould-Ali. Wait and see.