Le Directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, Mohamed Haddoud, a affirmé, hier, que les agressions envers les praticiens de la santé ont reculé ces derniers mois, depuis la promulgation de la loi 20/01 promulgués le 30 juillet dernier qui criminalise les agressions physiques, verbales et destruction de biens publics dans l’enceinte des structures de santé.
Lors de son passage dans l’émission matinale d’«Echourouk News», le représentant du ministère de la Justice, a toutefois souligné, que les premiers mois de la pandémie de la Covid-19 avaient enregistré une forte augmentation du nombre d’agressions contre les médecins.
Présentant les statistiques de l’évolution de la situation, Mohamed Haddoud a annoncé que 477 personnes ont été poursuivies dans des affaires liées à des agressions contre des professionnels de la santé, dont 375 ont été condamnées et 45 d’entre elles ont été innocentées.
En termes de statistiques d’agressions envers les praticiens de la santé, il a déclaré que 389 cas liés aux agressions de médecins ont été enregistrés, tandis que la justice a statué dans 349 cas liés à des agressions contre des professionnels de la santé. Apportant plus de précisions en termes de chiffres, il a souligné que 153 médecins ont été attaqués dans les hôpitaux. Tout en rappelant que le nouveau texte de lois protège tout le personnel de la santé et pas seulement le personnel médicale, même si dans la majorité des cas se sont les médecins qui sont agressés, soit physiquement soit verbalement, le ministère de la Justice a également enregistré des affaires liée à l’agression de 113 ambulanciers paramédicaux, 38 agents de santé et 51 agents de sécurité
Par ailleurs, interrogé sur d’autres problématiques telles que la durée de la détention provisoire des personnes en attente de jugement ou les conditions d’incarcération, le représentant du ministère de la Justice a éludé les questions.
Ainsi, concernant la problématique sur l’augmentation du taux de personnes mise en détention provisoire, dénoncé par les avocats, le Directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice a affirmé que «la détention provisoire de la majorité des personnes est due au fait que leurs procès est toujours en cours et que souvent ce sont des cas de cassation de jugement». Ajoutant que «par contre, les cas des personnes qui sont placées en détention provisoire en attente de jugement sont très minoritaires», sans toutefois donner de chiffres précis à ce sujet. Il a également justifié la mise en détention provisoire dans certaines affaires criminelles où les personnes sont suspectées d’homicide volontaire ou d’appartenance à des bandes de criminelles, précisant que «dans ce genre de cas la détention provisoire s’impose afin de protéger la société, les preuves du crime et même parfois pour protéger le suspect de toute acte de vengeance de la part des victimes».
Par ailleurs, abordant les conditions de détention dans les prisons algériennes décriées par de nombreux collectifs et associations, le représentant du ministère de la Justice affirme que «comparativement aux années précédentes, il y a une nette amélioration des conditions de détention dans les établissements pénitentiaires».
Il rappelle à ce sujet que le ministère de la Justice œuvre à améliorer les conditions d’incarcération et à humaniser les prisons. Il a également assuré que de nombreux juges visitent les prisons quotidiennement pour s’enquérir de la situation dans l’enceinte des prisons.
Dans un autre registre, tout en affirmant que «le ministère de la Justice encourage les juges à adopter des peines alternatives à l’emprisonnement», Mohamed Haddoud estime toutefois que ces peines alternatives, telles que le bracelet électronique ou les travaux d’intérêts publics, ont du mal à se mettre en place car «les textes de lois actuels sont contraignants pour l’application de tels jugements». Il a ajouté que «personnellement en tant que juge, on espère que les prochains textes de la réforme de la justice lèveront certaines conditions qui entravent l’application des peines alternatives. C’est ce qui permettrait de les appliquer plus largement sur le terrain surtout quand il s’agit de délits mineurs»
Il a également affirmé dans ce sillage qu’ «une profonde réflexion est menée au niveau du ministère de la Justice sur le sujet afin de réformer les textes de lois et passer à leur application sur le terrain». <