Le Maroc s’active depuis plusieurs mois afin de réintégrer l’Union africaine (UA), dont le 28e sommet se tiendra à la fin du mois à Addis-Abeba. « La RASD ne s’oppose pas à ce que le Maroc intègre l’UA, à condition de respecter la charte de l’organisation panafricaine », a indiqué sur les ondes de la Radio nationale, Mohamed Cheikh, le chargé d’Affaires à l’ambassade de la RASD à Alger. 

«Ceci signifierait une reconnaissance de la République sahraouie et de ses frontières historiques », a-t-il assuré. Le retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine a été au cœur de la dernière offensive diplomatique de Mohammed VI sur le continent à travers une tournée de deux mois qui l’a conduit dans six pays.
« Très peu de pays soutiennent la volonté du Maroc d’adhérer à l’UA. Le Maroc veut, à travers cette démarche, créer des freins et des conflits au sein de l’Union», a indiqué Mohamed Cheikh. Ajoutant que, dans le même temps, «nous sommes forts par notre position, notre présence et notre affiliation à l’UA. Beaucoup de pays amis qui ont une grande influence et un poids diplomatique reconnaissent la RASD », a-t-il poursuivi. L’Union africaine « n’a pas besoin de divisions et de divergences en son sein. C’est une organisation qui est forte par ses composantes et les Etats qu’elle regroupe tandis que les volontés du Maroc sont néfastes à cet égard», prévient le représentant de l’ambassade de la RASD à Alger.
D’autre part, l’invité de la Radio nationale a indiqué que l’ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, travaille sur plusieurs fronts, notamment auprès des Nations unies en tant qu’envoyé spécial de l’UA chargé de la question sahraouie, pour « qu’un référendum libre d’autodétermination du peuple sahraoui soit organisé avec l’appui de l’ONU », a-t-il indiqué. La Minurso, mission de l’ONU au Sahara occidental, est active depuis 1991 pour organiser le référendum. « On regrette que l’ONU n’ait pas accompli sa mission entièrement malgré les nombreuses concessions du Front Polisario pour atteindre la paix et pour permettre la tenue du référendum », a-t-il regretté. Mohamed Cheikh a, en outre, pointé du doigt le rôle de la France dans « la création d’obstacles pour que le dossier sahraoui reste au même point profitant de son droit de véto », a-t-il accusé, tout en faisant part de son espoir de voir Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, parvenir enfin à organiser le référendum d’autodétermination.
Concernant le navire Key Bay, au centre d’une polémique, qui a embarqué de Laâyoune une cargaison d’huile de poisson en provenance du Sahara occidental à destination de la France, Mohamed Cheikh accuse le Maroc «d’accaparer de façon systématique les ressources nombreuses et diverses dont dispose la République sahraouie». Il s’est félicité par ailleurs de l’initiative de la Cour européenne, à travers l’arrêt du 21 décembre dernier, de considérer le Maroc et le Sahara occidental tels deux territoires distincts, relevant de souverainetés distinctes. Ce qui induit que les accords conclus entre l’Union européenne et le Maroc ne peuvent en aucun cas s’appliquer au Sahara occidental.