Membre du Comité de suivi et d’évaluation de la pandémie, Mohamed Bekkat-Berkani est porteur d’un discours mesuré sur la prévalence de l’épidémie en milieu scolaire. Il estime que nous sommes dans « des exceptions qui confirment la règle », non sans pointer un faible suivi du protocole sanitaire dans les écoles selon le constat des syndicats.

Reporters : Comment le Comité scientifique de suivi de l’évaluation de la pandémie du coronavirus conçoit les questions que se posent les Algériens autour de l’école, aujourd’hui, notamment avec la hausse des cas de contamination et quel constat faites-vous du respect ou non du protocole sanitaire, vingt jours après la reprise scolaire dans le primaire et une semaine après celle des CEM et lycées ?
Mohamed Bekkat-Berkani : D’après le constat établi par les organisations syndicales du secteur de l’Education nationale, le protocole sanitaire n’est pas tellement respecté dans les établissements scolaires. Au niveau du comité de suivi, nous évaluons la portée du non-respect des mesures édictées et les gestes barrières inscrites dans le cadre de la prévention contre la propagation de la pandémie, mais pas celles du respect en lui-même.

Les responsables des établissements scolaires expriment leur inquiétude à propos de la propagation du virus mortel en milieu scolaire. Quels scénarios possibles en cas de propagation du virus ? Autrement dit, est-ce que vous avez mis sur la table la possibilité de fermer les écoles ?
A l’évidence, la décision de fermer les portes des établissements scolaires sera prise en fonction du nombre d’élèves atteints de la Covid-19 et du nombre d’écoles touchées par la pandémie. Aujourd’hui, nous sommes dans les exceptions qui confirment les règles. Si jamais nous assistons à une situation haussière, c’est-à-dire de plus en plus de cas dans les classes, ce sera alors une autre donne. Maintenant, pour ce qui est de la manière avec laquelle nous comptons procéder, il faut savoir qu’avec plus de trois cas contaminés, nous fermons la classe, plus de trois classes touchées, nous fermons l’établissement scolaire en question. Il va sans dire, que dans ces cas, il est important, voire nécessaire, de prendre des mesures radicales en phase avec la situation. Nous ne pouvons pas mettre la santé des enfants, de leurs enseignants et de leurs parents en danger. Nous ne courrons pas ce risque. Il faudrait opter pour une fermeture transitoire des écoles.

Est-ce que le comité compte prescrire de nouvelles mesures ou lancer de nouveaux appels pour renforcer la lutte contre la propagation du virus en milieu scolaire ?
Le protocole sanitaire est déjà là, il faut juste et surtout veiller à l’appliquer, c’est tout. Qui doit l’appliquer ? Les collectivités locales et les parties qui encadrent administrativement les écoles et faire en sorte de limiter la transmission de la pandémie.