Si les travaux de la Transsaharienne «ont beaucoup évolué», des problèmes engendrant des retards persistent dans certains axes, notamment au Mali. C’est ce qu’a affirmé, hier, Mohamed Ayadi, secrétaire général du comité de liaison de la route Transsaharienne, lors de son passage à l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III.

Dans son intervention, il a annoncé que «100 kilomètres se termineront cette année, et les 100 restants seront réalisés par une entreprise algérienne en 2019», précisant que «l’axe Alger-Lagos, qui fait l’objet de 800 km en dédoublement et d’une attention particulière, sera carrossable dans un an à un an et demi. Il ne reste plus que le tronçon reliant Arlit à Samaca à terminer». Relevant la contribution et le rôle de l’Algérie dans la réalisation de cette œuvre, M. Ayadi dira que notre pays a apporté de la crédibilisation à ce projet. A propos de l’importance de ce vecteur des échanges Sud-Nord-Sud, l’hôte de la Radio nationale note que les exportations vers les régions sahéliennes n’ont pas été marquantes pour l’Algérie (à peine 1% des échanges) d’où la nécessité, selon lui, de renforcer davantage encore les liens avec les pays déjà reliés à cette voie de communication. Dans cette optique, il propose la mise en place d’un comité qui définisse les objectifs. A propos de l’importance de cette voie de communication dans le continent, l’invité dira qu’elle est citée dans les grandes rencontres internationales comme un exemple de coopération et d’échanges «porteur d’espoirs». Il a annoncé qu’une exposition aura lieu à Dubaï fin 2020 ou début 2021, et le projet de la Transsaharienne est identifié comme projet qui figurera au stand de l’Algérie. Sur sa lancée, l’invité de la radio réaffirme l’importance des zones de libre-échange, rappelant le déplacement du Premier ministre à Kigali. En mars dernier, faut-il le rappeler, Ahmed Ouyahia, avait déclaré que la décision africaine de lancer une zone de libre-échange porte en soi deux messages aux peuples du continent et algérien notamment, dont le premier est l’espoir en un marché prometteur et la nécessité d’une mobilisation pour l’amélioration de la production et de la productivité. Le Premier ministre soulignait également que «l’Algérie est un pays précurseur dans la construction panafricaine depuis sa guerre de libération et jusqu’à présent et ce par le principe de bâtir un espace efficace et prospère». Par ailleurs, il convient de rappeler que le projet de la route Transsaharienne Alger-Lagos est né dans les années 1960 à l’initiative de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), afin de désenclaver les zones déshéritées et de promouvoir les échanges entre le nord et le sud du Sahara. Il s’agissait de construire une route composée de quatre branches reliant Alger et Tunis à quatre capitales sub-sahariennes, Bamako, Niamey, N’Djamena et Lagos. Les six pays membres de ce comité sont l’Algérie, la Tunisie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Nigeria. Le projet est financé par les pays concernés et la Banque africaine de développement.