L’Algérie regorge de produits miniers classiques et rares au point de la classer au troisième rang mondial des réserves disponibles. Mais toujours est-il que des projets d’exploitations de gisements forts intéressants, car sources de revenus importants pour le pays, ont été maintes fois enterrés lorsque les recettes pétrolières opéraient une remontée. Or, aujourd’hui, que les baisses tendancielles de notre production de l’énergie fossile (l’Algérie ne produit plus que 700 000 barils/jour) et des recettes (à peine 18 milliards de dollars en 2019) qui, somme toute, s’inscrivent dans la durée, continuer à dépendre des seules ressources d’hydrocarbures serait indéniablement suicidaire pour l’Algérie. Cela le gouvernement l’a bien compris. Et, c’est sans doute pourquoi le président de la République a donné à son exécutif, le mardi 7 juillet 2020, le feu vert pour entamer l’exploitation à grande échelle de produits miniers dont le pays regorge. Premier pas dans ce sens, la création d’un ministère des Mines, et c’est à l’ex-ministre de l’Energie Mohamed Arkab qu’incombe la responsabilité de rendre effective cette option dont il est démontré que le pays a tout à gagner en développant son industrie minière. Dans cette perspective, le ministre du secteur compte s’entourer d’experts en la matière et de travailler sur la base d’une feuille de route bien ficelée et dont il a évoqué les grands axes lors de son passage hier sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne I. «La stratégie que nous allons adopter repose autour de quatre axes», a-t-il annoncé. Tout en précisant que «le premier va consister à réviser la loi relative à l’activité minière afin de la rendre plus attractive aux investisseurs locaux ainsi qu’aux étrangers». Second axe et non des moindres, «car il va exiger un travail de fourmi», a souligné le ministre.

Et d’expliquer la raison : «Jusqu’ici aucune précision n’a été donnée sur la localisation des gisements disponibles», non sans faire remarquer «l’évaluation basée sur des études prospectives effectuées, au début des années 70, par des groupes d’ingénieurs nationaux et étrangers s’est révélée imprécise, ne serait-ce que du fait de l’archaïsme des instruments de détection de l’époque, que du peu de moyens déployés pour la circonstance sur un aussi vaste territoire». Et donc à partir de ce constat, l’invité de la radio a rapporté qu’«il est devenu utile une remise en compte de l’actuelle carte minière du pays en usant d’instruments de prospection modernes pour élaborer une carte qui réponde aux standards internationaux, notamment en ce qui concerne l’emplacement exact à travers le territoire national des gisements miniers toutes spécificités confondues». Concernant le troisième axe, le ministre a indiqué : «Il vise le développement des gisements en exploitation par le biais de la refonte de leur structure et la réorganisation de leur gestion.» Et sur le dernier axe, il dira qu’«il va tourner autour du volet formation pour élever le niveau du personnel encadrant l’activité minière dans tous ces aspects». Poursuivant son intervention en rappelant au sujet de la relance de l’activité minière dans le gisement de Oued Amizour (Béjaïa), comme l’a ordonné le chef de l’Etat, qu’elle va s’effectuer en deux étapes. «La première de courte durée et vise à répondre à la demande locale en zinc et plomb issus de ce gisement et la seconde étape a pour objectif l’exportation à moyen terme de ces deux métaux». A propos du méga gisement de fer de Gara Djebilet (Tindouf), dont l’exploitation doit démarrer, comme le souhaite le président de la République, l’invité de la radio fera savoir que les études relatives à son exploitation sont achevées. Et d’annoncer : «Nous sommes à la veille de son entrée en exploitation qui va s’exécuter avec le concours d’un partenaire étranger.» Non sans avancer dans la foulée que le démarrage effectif de Gara Djebilet est prévu pour le premier trimestre 2021 et dont la production sera réservée, dans un premier temps, aux besoins de l’industrie locale». Concernant le gisement de phosphate à l’est du pays, Arkab a expliqué que c’est un «grand projet qui va nécessiter de grands moyens financiers, non sans préciser également que les études préliminaires se poursuivent». Selon les estimations du ministre, l’exploitation de ce grand gisement devrait débuter courant 2021. Quant à l’initiative d’accorder aux jeunes du Grand-Sud des permis d’exploitation de gisement d’or non industriel, le ministre dira en guise de conclusion : «Cela va permettre quelque peu de résorber la problématique chez les jeunes de ces contrées où les opportunités d’emplois sont infimes.»