Dans un contexte où les recettes extérieures du pays s’amenuisent de plus en plus, le domaine minier offre une abondante source de revenus qui viendra se substituer à terme à celle des hydrocarbures conventionnels en voie d’épuisement et sous le coup de fluctuation à la baisse récurrente de ses cours sur le marché pétrolier, pour peu que les gisements à forte valeur ajoutée soient exploités. Sur ce dernier point, le ministre des Mines Mohamed Arkab a fait part, hier, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne III, que le domaine minier va connaître une dynamique nouvelle par l’entremise d’une feuille de route que son département a commencé à élaborer. «Cette feuille de route repose sur quatre axes et dont le premier vise à revoir la loi relative au domaine minier pour la rendre plus attractive», a instruit le ministre. Pour le détail, il a expliqué que le deuxième axe va concerner le développement des axes structurants du domaine minier. «Nous avons ciblé des gîtes et des gisements que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a cité lors de son intervention à l’occasion de la tripartite mardi dernier, à savoir Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, le plomb et le zinc de Oued Amizour (W. de Béjaïa) et le phosphate dans tout l’Est algérien», a fait savoir Arkab, soulignant que ces projets structurants permettront de démarrer, au premier semestre 2021, l’activité sur des gîtes et gisements déjà avérés et étudiés.
Quant au troisième axe stratégique de la feuille de route du secteur minier, il concerne le développement des données géologiques à travers l’utilisation d’applications technologiques et techniques dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle carte géologique nationale des mines. Le quatrième axe concerne le capital humain à travers l’implication et la formation des jeunes et l’adapter à la prochaine étape. Par ailleurs, le ministre a affirmé que, pour l’heure, la priorité est accordée au gisement de Gara Djebilet et celui d’Oued Amizour car leur production (fer et plomb, cuivre) va, d’une part, permettre de répondre aux besoins en matière première de nombreuses unités industrielles locales et, d’autre part, l’excédent destiné à l’exportation. Toutefois, le ministre a signalé dans la foulée que les résultats de l’étude effectuée sur les capacités de production de Oued Amizour laissent entrevoir l’entrée en production de ce site minier lors du premier trimestre de 2021. Quant à Gara Djebilet, M. Arkab a rapporté que les études ont été finalisées et qu’il entrera en phase d’exploitation, en coopération avec un partenaire étranger, durant le premier trimestre de 2021, en vue de fournir la matière première au profit des usines algériennes dont les besoins sont importants.
Après quoi, le ministre est revenu sur la révision de la loi régissant l’activité minière. Il a indiqué qu’il est important de la rendre plus attractive «dans le but de drainer les investisseurs en vue de permettre au secteur de contribuer à la relance économique», a-t-il confié. Ajoutant dans ce sens : «Il faut s’ouvrir davantage dans ce domaine et rendre les choses plus simples.» Toujours dans ce même ordre d’idées, il déplore qu’«un investisseur subit un parcours du combattant pour uniquement avoir un permis d’exploitation minière. Il y a plein de paperasses et beaucoup de documentations inutiles». Selon le ministre, «nous devons revoir complètement notre manière de procéder». S’agissant de la règle 51/49, le ministre affirme que «nous devons nous concerter avec l’ensemble des départements ministériels au niveau du gouvernement pour identifier et établir définitivement la liste des produits stratégiques et libérer ainsi le domaine minier». Et de lancer : «Nous avons besoin de créer cette richesse qui est nécessaire pour la relance économique de notre pays», a-t-il conclu. Non sans faire savoir enfin : «Le domaine minier va jouer un rôle très important dans la relance et la diversification de notre économie, estimant que 20 000 emplois seront créés d’ici 2021».<