Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, est de sortie ce matin au Forum d’»El Moudjahid», où il devrait revenir sur l’actualité de son secteur, dominée par le hadj qui vient de s’achever. Entre autres sujets sans doute à aborder, la gestion des lieux de culte et l’immixtion de plus en plus avérée de courants radicaux.

A ce titre, faut-il rappeler la tribune accordée à «El Khabar» où il mettait en exergue les dangers du courant salafiste, en particulier madkhalite, qu’il présentait comme un courant qui «dépend aveuglement de décisions qui ne sont pas prises en Algérie». «Quel serait notre destin si les dirigeants de cette secte demandent à leurs adeptes de combattre les Algériens qui ne partagent pas leurs opinions ?», s’est interrogé M. Aïssa dans la même interview, pour insister sur les dangers que ce courant peut représenter pour notre pays. «Nous ne voulons pas mettre l’Algérie dans une situation de désagrément, nous ne voulons pas aussi mettre sa sécurité et sa stabilité entre des mains étrangères. Si quelqu’un veut être salafiste qu’il le soit, mais en restant dans le respect de la loi algérienne», souligne le ministre. Dans le cadre de la protection des mosquées ainsi que la référence religieuse nationale, il ne s’est pas contenté d’évoquer la question de ce courant, mais s’en est pris également à «ceux qui étaient activistes lors de la décennie noire et qui ont commencé à intégrer les comités de mosquées». «J’ai visé aussi certains courants politiques qui n’acceptent pas que la mosquée reste loin du champs partisan. Ce sont ceux-là même qui ont causé la mort de deux imams en 2016 et 2017, en plus des imams qui ont été malmenés dans les mosquées algériennes», a-t-il poursuivi. «C’est à cause de tout cela que j’ai proposé au gouvernement, en concertations avec les autres appareils de l’Etat- de geler le renouvellement des agréments qui concernent les comités de mosquées. Cela a été fait et on ne voit plus ces scènes violentes. L’enjeu consistait dès le début à contrôler le comité de la mosquée pour contrôler ultérieurement le discours religieux», a expliqué le premier responsable du secteur. Malgré sa fermeté, Mohamed Aissa a défendu la secte Karkariya, qu’il considère comme étant «courant soufi ordinaire». «Cette secte a été infiltrée pour nuire au courant alaouite et brouiller les efforts de son dirigeant, qui préparait, avec le concours de l’Etat, l’officialisation de la journée mondiale du vivre ensemble en paix», estime M. Aïssa Concernant le projet du mufti de la République, qui n’a toujours pas vu le jour, il dit avoir «essayé de le défendre et dépasser l’obstacle qui empêchait de le concrétiser». Au sujet des erreurs d’impression qui sévissent de temps à autres dans le livres du saint Coran, le ministre a affirmé dans la même interview l’existence d’une commission nationale formée d’experts qui contrôlent ce volet en collaboration étroite avec les services de la tutelle. Une commission dont les efforts ont été soutenus par le ministère à travers certaines dispositions. Mohamed Aïssa a, en outre, émis des critiques contre un partenaire social, en visant implicitement le secrétaire général de la coordination nationale des imams et des fonctionnaires des affaires religieuses, Djelloul Hadjimi. Le ministre dit ne pas comprendre pourquoi ce partenaire choisit les medias pour critiquer le personnage du ministre et s’opposer à ses décisions. «Nous attendons à ce qu’il y ait plus de maturité chez ces responsables pour un meilleur travail syndical, qui ne peut être confondu avec l’opposition politique», a conclu Mohamed Aïssa. <