Après une première saison marquée par la Covid-19, l’Inter Miami espérait repartir du bon pied en 2021. Malgré un nouveau coach et des stars, comme Blaise Matuidi ou Gonzalo Higuain, la franchise de MLS, propriété de David Beckham, est lanterne rouge de la Conférence Est. Rien ne va plus sous le soleil de Floride. Le 7 janvier 2021, la presse britannique révélait pour la première fois que l’Inter Miami, franchise de Major League Soccer dirigée par David Beckham, voulait faire de Phil Neville son prochain entraîneur. Le contact était facilement établi entre les deux anciens joueurs de Manchester United et dix jours plus tard, le frère de Gary et sélectionneur de l’équipe féminine d’Angleterre depuis trois ans était nommé sur le banc de l’équipe floridienne. La saison de MLS devant débuter le 18 avril, l’entraîneur anglais disposait de trois mois pour mettre en place son projet. Et une amélioration était attendue. Il faut dire que la saison précédente, la première de la jeune histoire du club en MLS, avait tout d’un brouillon. Emmenés par le technicien uruguayen Diego Alonso, les Hérons avaient subi deux défaites lors des deux premières journées du championnat, avant d’être stoppés dans leur quête de succès par l’épidémie de coronavirus. À la reprise, Miami n’allait pas mieux. Lors du tournoi de relance de la MLS organisé à huis clos à Orlando (MLS is Back), la franchise s’était inclinée à trois reprises (première équipe éliminée), terminant son tout premier exercice – tronqué – sur un bilan de 5 défaites en autant de rencontres.

Des recrues, un nouvel entraîneur, mais ça ne prend pas
À l’intersaison, Phil Neville n’est pas le seul à avoir débarqué dans la baie de Biscayne. Niveau pointures, Blaise Matuidi (34 ans) et Gonzalo Higuain (33 ans), libérés par la Juventus, se posaient en sérieux candidats. La Premier League a également été sondée par David Beckham. Le latéral gauche Kieran Gibbs (ex-Arsenal et West Brom), 31 ans, et le défenseur central Ryan Shawcross (ex-Manchester United et Stoke city), 33 ans, sont venus apporter leur expérience. Mais cette nouvelle saison a débuté comme la dernière avait été conclue. L’Inter Miami compte 2 victoires, 2 nuls et 8 défaites après 12 matches de championnat. Lanterne rouge de Conférence Est avec 8 points, Miami est déjà relégué à 12 unités des play-offs. La franchise reste même sur une série de 6 revers (1 but marqué, 13 encaissés), avec en point d’orgue un cinglant 5-0 concédé sur sa pelouse, face au leader, New England Revolution, mercredi. Ce soir-là, d’ailleurs, Gonzalo Higuain, qui traverse une période délicate malgré 5 buts et 1 passe décisive en 9 matches, a subi les foudres des supporters. Sorti blessé (et remplacé par son frère, Federico), c’est sous les huées et les insultes des travées du Drive Pink Stadium qu’il a rejoint les vestiaires. Tendance chez les Argentins exilés aux US.

Phil Neville incrimine ses joueurs
Du côté du banc de touche, Phil Neville arrive à faire s’intéresser l’Angleterre à la MLS. Outre-Manche, son cas est scruté de près par les tabloïds, toujours prêts à bondir au moindre faux pas. Mais lui ne s’inquiète pas et se dit soutenu par sa direction. «Je ressens leur plein soutien – je l’ai toujours ressenti», a déclaré Neville. «Ils n’ont pas besoin de me parler de leurs inquiétudes parce que j’ai les mêmes. Je suis dans le football depuis assez longtemps et je connais les conséquences – ce n’est pas un problème pour moi.» L’entraîneur a également tenté d’impliquer ses joueurs, lui qui est en quête d’un esprit d’équipe. «Je ne m’attendais pas à ça. Les joueurs doivent faire une longue et sérieuse autocritique, et moi aussi. Avaient-ils de meilleurs joueurs que nous (New England, ndlr) ? Sur le papier, non, mais c’est une équipe et c’est ce que nous devons devenir. C’est tout ce que je demande – une équipe qui se battra les uns pour les autres, pourra se regarder dans les vestiaires et se faire confiance. Vous pouvez perdre des matches de football, mais la manière dont nous avons perdu ce soir était… nous avons déjà utilisé le mot inacceptable – c’était pire que ça». Prometteur, le projet floridien XXL est-il déjà sur le déclin ?

Un besoin de résultats pour attirer des stars ?
Dans une interview donnée à ESPN, en mars dernier, David Beckham évoquait les plus grands noms liés à sa franchise. « Quand nous avons annoncé le projet à Miami, il y a toujours eu des discussions sur les joueurs que nous allions faire venir, que ce soit Ronaldo, Messi, Neymar. Il y a toujours eu ces rumeurs. En fait, je ne pense pas que ce soit difficile pour les joueurs de décider, pour être honnête, car c’est un endroit formidable », avait-il confié. Alors que le copropriétaire Jorge Mas croit dur comme fer en la venue de Messi, outre les trois génies, Sergio Romero, Ivan Rakitic, Willian, Luis Suarez et Edinson Cavani ont tous été récemment cités comme recrues potentielles de l’Inter. On l’a bien compris, s’il est loin de faire sensation sur le terrain, l’Inter Miami jouit d’une attractivité incomparable. Miami, station balnéaire à des années lumières du Châtelet-les-Halles de Florent Pagny. Les résultats, médiocres depuis le lancement du club, semblent pour le moment passer au second plan. Mais dans la ville et aux abords du stade, les soirs de matches, la grogne est de plus en plus insistante. Les fans d’Atlanta ont eu la tête de Gabriel Heinze. Reste à voir combien de temps encore Phil Neville pourra tenir. En conférence de presse, le coach a osé un très prématuré «il nous reste 23 matches, 23 finales». Vainqueur de la FA Cup des jeunes avec Manchester United en 1992, le duo Neville-Beckham résistera-t-il à la tempête ?