Avec la mise en service officielle, jeudi, de la nouvelle raffinerie de Sidi R’zine, implantée à Baraki, à Alger, Sonatrach renforce les capacités de raffinage du pays, met fin aux importations de produits raffinés et ouvre la voie à l’exportation à partir de 2021.

par K. Remouche
D’une capacité de 3,6 de tonnes/an de carburants, contre 2,7 millions de tonnes/an pour l’ancienne raffinerie, la nouvelle installation permettra de sécuriser l’approvisionnement de la région centre, principalement de la capitale, et de ne plus recourir quasiment au cabotage de carburants à partir des raffineries d’Arzew et de Skikda. La nouvelle raffinerie contribuera à l’arrêt des importations de carburants de l’Algérie en 2019 et donc d’économiser 1 à 2 milliards par an, soit près de l’équivalent de la facture d’importation de carburants en 2016 et 2017.
«La raffinerie de Sidi R’zine constitue un acquis énorme pour l’Algérie qui ne recourra plus à l’importation de produits raffinés, mais pourra, par contre, en exporter à partir de 2021», a indiqué M. Ould Kaddour, lors de la cérémonie d’inauguration. «C’est une nouvelle raffinerie. Ce n’est pas du revamping, c’est-à-dire une rénovation de la raffinerie», a insisté le P-dg de Sonatrach.
En clair, devant la complexité des travaux de réhabilitation de la raffinerie de Sidi R’zine, très vétuste, Sonatrach a dû construire une nouvelle usine à la place de l’ancienne installation qui sera démolie d’ici à six mois. A noter également que les carburants qui seront produits à Sidi R’zine seront aux normes européennes Euro V, c’est-à-dire beaucoup moins polluants.
Le vice-président de Sonatrach chargé du raffinage et de la pétrochimie, Rais Ali, a indiqué que tous les carburants qui seront produits dans les raffineries du pays seront aux normes européennes à partir du second semestre 2019. Enfin, avec la mise en service de la raffinerie d’Alger, Sonatrach achève le programme de réhabilitation des raffineries du pays qui a touché, également, celles d’Arzew et Skikda. Elle est, ainsi, dotée d’une capacité globale de raffinage de 30 millions de tonnes/an.
Cap sur l’exportation
Avec la nouvelle raffinerie d’Alger, d’une capacité de 3,6 millions de tonnes/an, Sonatrach met le cap sur l’exportation de carburants. En effet, le vice-président chargé du raffinage et de la pétrochimie, Ali Rais, a insisté : «Sonatrach n’a pas importé de carburants en 2018.
Elle n’importera quasiment pas de carburants en 2019. En 2021-2022, elle accélérera la cadence des exportations de carburants.»
Le premier responsable de la division raffinage a souligné que l’ensemble des raffineries du pays produiront des carburants aux normes européennes Euro V, ce qui permettra leur exportation sur le marché européen, notamment du gas-oil et du kérosène.
Sonatrach inverse ainsi la tendance à l’importation de carburants. Une évolution confortée par l’acquisition de la raffinerie Augusta d’une capacité de 10 millions de tonnes/an. Ainsi la capacité de raffinage de l’Algérie est de 40 millions de tonnes/an actuellement.
Cette installation implantée en Italie pourrait réserver une partie de sa production à la couverture des besoins du pays en carburants en cas de déficit qui pourrait survenir d’ici à 2030, en attendant la réception des deux nouvelles raffineries de Hassi Messaoud et de Tiaret, d’une capacité de 5 millions de tonnes/an chacune, actuellement au stade de projets. Dans une présentation de la raffinerie d’Alger, Ahmed Mazighi, le vice-président chargé de la commercialisation, a indiqué que le programme de réhabilitation des raffineries, qui a touché les installations d’Arzew et de Skikda et qui s’achève avec la mise en service de la raffinerie d’Alger, permettra d’économiser 2 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de la facture d’importation que l’Algérie aurait à payer si ces raffineries n’avaient pas été réhabilitées. Il prévoit, d’ici à 2030, un déficit de 1,5 million de tonnes/an d’essences et 2 millions de tonnes/an de gas-oil dans le scénario du maintien, durant la période, d’un taux de croissance économique appréciable.
Ce déficit sera comblé par la raffinerie d’Augusta. Ces prévisions ne tiennent pas compte de la mise en service des nouvelles raffineries de Hassi Messaoud et Tiaret prévues dans le programme de développement de Sonatrach 2019-2024.
Ahmed Mazighi a affirmé qu’à l’achèvement de ce programme, l’Algérie ne produira pas de l’essence plombée (essence avec plomb) au cours du second semestre 2019.
Le premier responsable chargé de la commercialisation a ajouté que la raffinerie d’Alger couvrira 95% des besoins en carburants de la région centre. Avec ses capacités de stockage, elle aura une autonomie de 10 jours en essences et gas-oil et 7 à 10 jours en propane et butane. Ce qui sécurisera l’approvisionnement de la capitale en carburants et en butane.
Le responsable de la division raffinage a assuré que le problème de pollution ne posera pas, grâce à l’unité de traitement des effluents et d’installations empêchant le rejet de tout polluant dans l’atmosphère. La raffinerie est sécurisée et ne posera aucun problème à la population environnante, a-t-il assuré.
Le P-dg de Sonatrach, lui, a indiqué que l’ouverture des plis concernant la réalisation de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud aura lieu prochainement. Concernant le programme de développement de la pétrochimie, le responsable de cette division a indiqué que la réalisation d’un complexe de vapocraquage d’éthane à Arzew, en partenariat avec une compagnie étrangère, est au stade de l’étude de faisabilité.
Il a rappelé que l’accord sur la réalisation d’une usine de polypropylène en Turquie sera bientôt signé.<