La chambre d’accusation du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a décidé, hier, de remettre en liberté Abdelkrim Benhamadi, frère du P-DG du groupe Condor Abderrahmane Benhamadi, en détention provisoire depuis le mois d’août dernier.
Selon sa famille, la chambre d’accusation a décidé de la levée du mandat de dépôt suite à la réévaluation des faits qui étaient reprochés à Benhamadi Abdelkrim. Ce dernier avait été placé sous mandat de dépôt le 8 août dernier pour « financement occulte des partis politiques, bénéfice du pouvoir et de l’influence des agents de l’Etat et plusieurs autres chefs d’accusations.
La libération de l’un des frères Benhamadi, actionnaire et membre du Conseil d’administration du groupe Condor, intervient, faut-il le souligner, dans une période où la filiale Condor Electronic, poumon du même groupe, se trouve en situation d’arrêt de ses activités qui lui impose un plan de licenciement appelée à sacrifier près d’un millier de ses salariés, alors que
2 400 de ses employés, détenteurs d’un contrat à durée déterminée (CDD), ont déjà été mis au chômage.
A l’instar de l’ensemble des entreprises de la filière électronique et électroménager, le géant Condor Elecronics, implanté à Bordj Bou-Arréridj pâtit de l’approvisionnement en « matières premières et des retards de délivrance des licences d’importation », a expliqué une source responsable au niveau de cette entreprise. Face à cette crise, et les mesures qu’elle a provoquées à leurs dépens, les salariés du complexe de BBA appartenant à la famille Benhamadi sont montés au créneau, la semaine dernière, pour dire leur désarroi et leur mécontentement dans un sit-in devant la direction des ressources humaines dans la zone industrielle de Bordj Bou-Arréridj.
Il faut dire qu’en plus des retards d’approvisionnement en kits CKD-SKD, qui touchent l’ensemble des entreprises, Condor Electronics évolue depuis plusieurs mois en l’absence de ses propriétaires et gestionnaires que sont les frères Benhamadi, mis sous mandat de dépôt. C’est dire la portée que pourrait avoir la libération de l’un d’entre eux en cette période où les responsables de l’entreprise semblent ne plus savoir à quel saint se vouer. Eux qui ont tenté « d’entrer en contact avec les pouvoirs publics, en vain », nous dit l’un d’entre eux. Autrement dit, en plus de la joie qu’elle a dû avoir provoquer au sein de sa famille, la libération de l’un des actionnaires et membre du CA de Condor Electronics arrive sans doute comme une très bonne nouvelle et un signe d’espoir pour des travailleurs plus qu’inquiets de leur sort. Reste à savoir, toutefois, quelle sera la marge de manœuvre possible dont pourra user Abdelkrim Benhamadi.<