Après l’effondrement des cours du pétrole sous l’impact de la pandémie de coronavirus, le rééquilibrage du marché va s’accélérer dans les prochains trimestres, c’est-à-dire à partir du second semestre 2020. C’est ce que prédit l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans son rapport mensuel. L’Organisation se base sur les données en provenance des Etats-Unis et le fort recul de la production de ce pays.

Celui-ci est estimé à 1,3 million de barils par jour par l’Opep et pourrait contribuer à absorber l’excédent de l’offre et à réajuster les prix, selon le cartel. «Les ajustements rapides de la production face aux actuels déséquilibres profonds du marché pétrolier mondial ont déjà commencé à montrer des effets positifs, avec un rééquilibrage qui devrait s’accélérer au cours des prochains trimestres», indique l’Opep dans son document.
Outre la production, les stocks de pétrole brut ont reculé aux Etats-Unis pour la première fois depuis janvier, surprenant le marché, selon un rapport diffusé hier par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA). Les réserves de brut se sont établies à 531,5 millions de barils (MB) au 8 mai, soit une baisse de 700 000 barils. Les spécialistes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient sur une hausse médiane de 4 MB.
«La production a baissé dans des proportions plus importantes que prévu», note John Kilduff d’Again Capital. Les stocks d’essence ont, pour leur part, reculé pour la troisième semaine de suite, baissant de 3,5 MB, plus que les 2,5 MB prévus par les analystes. Cela témoigne du regain de la consommation avec les mesures de déconfinement dans de nombreux Etats fédérés américains et la reprise du transport.
L’Opep peut compter également sur les fortes réductions opérées par ses partenaires dans le cadre de l’Opep+ pour venir à bout de la chute des prix de l’or noir. Lequel accord est entré en vigueur le 1er mai, portant sur des coupes de 9,7 millions de barils jusqu’à fin juin, puis 7,7 mbj sur le second semestre de 2020, avant de passer à 5,8 mbj entre janvier 2021 et avril 2022.
D’autres pays hors alliance Opep+, notamment les Etats-Unis et la Norvège, ont décidé d’opérer des coupes dans leur offre après avoir été, eux aussi, durement impactés par la crise pétrolière née des mesures sanitaires anti-coronavirus à travers la planète.
En avril, avant la mise en place de ces mesures, la production de l’Opep avait bondi de 1,798 million de barils par jour, selon des sources indirectes citées dans le rapport.
Mise à rude épreuve par la forte chute de ses recettes d’exportations pétrolières, et comptant les dégâts qu’elle s’est occasionnés à travers sa guerre des prix avec la Russie, l’Arabie saoudite s’attelle, ces dernières semaines, à faire la promotion des réductions massives. Après avoir été l’un des artisans de l’accord du 12 avril dernier, le chef de file de l’Opep veut s’assurer de la portée de cette démarche sur le marché. Et dans cette logique, Ryad n’a pas hésité à prévoir, lundi, de réduire davantage ses coupes convenues dans le cadre de l’Opep+, pour les porter à 1 mbj pour le mois de juin.
Le Koweït et les Emirats arabes unis n’ont pas tardé à décider de réduire, eux aussi, leur production de respectivement 80 000 et 100 000 barils supplémentaires par jour durant le mois prochain. Sauf qu’en dépit de toutes ces données, les cours peinent toujours à remonter, d’autant que les signes d’un rebond réel que pouvait assurer le déconfinement aux Etats-Unis et en Europe, se sont vite dissipés après les avertissements des spécialistes de la santé quant au risque fort d’une résurgence de la pandémie.
Hier, vers 17H, le baril de Brent de la mer du Nord pour juillet évoluait sous les 30 dollars, à 29,61 dollars, en baisse de 1,56% par rapport à la clôture de mardi, alors que le WTI s’échangeait à 25,50 dollars, perdant 1,09%.